Les visites familiales au centre de rétention administrative de Delaney Hall, dans le New Jersey, reprennent partiellement, ont annoncé dimanche la gouverneure de l’État, Mikie Sherrill, et le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS). Cette décision intervient après une semaine marquée par des manifestations nourries aux abords du site, des affrontements avec les forces de l’ordre et une grève de la faim et du travail menée par les personnes retenues.

Selon le message publié sur les réseaux sociaux par la gouverneure et relayé par le DHS, la mesure de reprise des visites ne concerne pour l’instant qu’une partie de l’établissement. Les familles des détenus se sont heurtées à des informations contradictoires sur les bénéficiaires exacts de cette réouverture partielle, tandis que les autorités locales ont instauré un couvre-feu nocturne à partir de 21 heures dans le périmètre bloqué entourant le centre — une restriction imposée pour une durée indéterminée.

Un mouvement de protestation né à l’intérieur du centre

La suspension des visites avait été décidée après que les personnes placées en rétention avaient entamé une grève de la faim et du travail à l’intérieur de Delaney Hall. Ce mouvement, destiné à dénoncer leurs conditions de détention, a déclenché une série de rassemblements de soutien devant l’enceinte. Les manifestants, venus de plusieurs villes du New Jersey, ont été confrontés à des méthodes d’interpellation qualifiées d’agressives par des témoins et des élus locaux.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des rangs de protestataires alignés le long d’une barrière, brandissant des pancartes et occupant un barrage routier menant au centre. La gouverneure Sherrill n’a pas précisé, dans son annonce, si les visites seraient rétablies pour l’ensemble des résidents du centre ni à quelle date la mesure entrerait en vigueur.

Un contexte sécuritaire tendu

L’instauration du couvre-feu nocturne témoigne de la volonté des autorités de maîtriser les abords du site après plusieurs nuits de heurts. Aucun bilan officiel des interpellations ou des blessés n’a été communiqué à ce stade. Les avocats et les associations de défense des droits des migrants réclament un accès indépendant au centre pour vérifier l’état de santé des grévistes de la faim et s’inquiètent d’une détérioration de la situation sanitaire à l’intérieur.

Delaney Hall, situé à Newark, est l’un des principaux centres de rétention du nord-est des États-Unis. Géré sous contrat par le Service de l’immigration et des douanes (ICE), il fait l’objet de critiques récurrentes de la part d’organisations humanitaires, qui dénoncent des conditions d’hébergement et de soins insuffisantes.

La gouverneure démocrate Mikie Sherrill, élue en 2025, s’était engagée durant sa campagne à renforcer le contrôle des centres de rétention de l’État et à réduire le recours à la détention administrative. Sa gestion de la crise à Delaney Hall est suivie de près par les milieux militants, qui jugent ses premières annonces insuffisantes. Le DHS n’a pas indiqué si d’autres mesures étaient envisagées pour répondre aux revendications des détenus.