L'affaire Lyhanna, dont le corps a été retrouvé à proximité du lieu de sa disparition, suscite une vive réaction du criminologue Alain Bauer. Professeur émérite et figure reconnue dans le domaine de la sécurité, il a dénoncé ce qu'il qualifie d'« incapacité en tant que société à écouter la parole des victimes ». Cette déclaration intervient alors que l'enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes du drame.
Lyhanna, une jeune fille dont la disparition avait ému l'opinion, a été retrouvée sans vie dans un secteur proche de l'endroit où elle avait été vue pour la dernière fois. Les investigations menées par les forces de l'ordre n'ont pas encore permis d'établir les causes précises de sa mort, mais l'hypothèse d'un acte criminel est privilégiée.
Les propos d'Alain Bauer
Interrogé sur les enseignements à tirer de cette tragédie, Alain Bauer a estimé que la société française échoue trop souvent à prendre au sérieux les alertes et les plaintes des victimes, en particulier dans les affaires de violences. « Notre incapacité en tant que société à écouter la parole des victimes » est, selon lui, un problème récurrent qui conduit à des drames évitables. Il a souligné que des signaux avaient pu être ignorés avant la disparition de Lyhanna, sans toutefois entrer dans les détails de l'enquête en cours.
Le criminologue a également appelé à une meilleure formation des professionnels confrontés à des situations de détresse, ainsi qu'à une réforme des mécanismes de signalement pour que chaque parole soit entendue et prise en compte dès les premiers signes de danger.
Une affaire qui ravive le débat sur la protection des jeunes
La mort de Lyhanna relance les interrogations sur la capacité des institutions à protéger les mineurs et les personnes vulnérables. Plusieurs associations de défense des droits des victimes ont exprimé leur soutien à la famille et réclamé des mesures concrètes pour éviter que de tels faits ne se reproduisent. L'enquête devrait déterminer si des manquements ont été commis dans le suivi de la situation de la jeune fille.
Alain Bauer, qui a consacré une partie de ses travaux à l'analyse des échecs de la prévention, insiste sur la nécessité de changer les mentalités : il ne s'agit pas seulement de punir les auteurs, mais aussi de créer un environnement où les victimes se sentent légitimes à parler et sont crues dès le premier témoignage.
L'affaire Lyhanna est désormais entre les mains de la justice. En attendant les résultats de l'autopsie et des analyses complémentaires, les proches de la victime tentent de faire leur deuil, tandis que le débat public sur la prise en charge de la parole des victimes est plus que jamais ouvert.