Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale des États-Unis, est décédé à 100 ans. Cette figure emblématique de la finance internationale a marqué par sa longévité à la tête de la Fed et par ses positions en faveur de la dérégulation des marchés.
Un parcours hors du commun
Né en 1926, Alan Greenspan a été nommé à la présidence de la Réserve fédérale en 1987 par le président Ronald Reagan. Il est resté à ce poste jusqu'en 2006, traversant les administrations de George H. W. Bush, Bill Clinton et George W. Bush. Sa longévité à la tête de l'institution monétaire la plus puissante du monde en a fait une figure incontournable de la politique économique américaine.
Issu d'un milieu modeste, Greenspan s'est formé à l'économie sous l'influence de la philosophe Ayn Rand, dont il a été un disciple. Cette formation l'a conduit à défendre avec vigueur les principes du libre marché et à s'opposer aux régulations financières qu'il jugeait inutiles, voire nuisibles.
L'aveu de 2008 : une erreur reconnue
Malgré un bilan souvent salué pour la croissance et la stabilité des prix durant son mandat, la crise financière de 2008 a jeté une ombre sur son héritage. Le 23 octobre 2008, devant la commission de contrôle de la Chambre des représentants, Greenspan a reconnu une erreur fondamentale. « Ceux d'entre nous qui comptaient sur l'intérêt personnel des institutions de crédit pour protéger les capitaux des actionnaires, moi y compris, sont dans un état de choc et d'incrédulité », a-t-il déclaré.
Il a alors remis en question les principes qu'il avait développés durant sa carrière de conseiller auprès de chefs d'entreprise et de présidents américains. Cet aveu d'erreur, rare de la part d'un responsable public, a marqué les esprits.
Un héritage contrasté
Alan Greenspan a supervisé une période de prospérité économique marquée par une inflation maîtrisée et une croissance soutenue. Cependant, sa politique de taux d'intérêt bas et son opposition à la régulation du secteur financier sont aujourd'hui considérées par de nombreux analystes comme ayant contribué à la formation de la bulle immobilière qui a précédé la crise de 2008.
Homme d'une grande curiosité intellectuelle et considéré comme intègre, il n'a jamais été perçu comme un complaisant envers le monde des affaires, mais plutôt comme un intellectuel sincèrement attaché aux principes d'Adam Smith. Son décès à 100 ans clôt un chapitre majeur de l'histoire économique des États-Unis.