Décès d'une icône de la finance mondiale
Alan Greenspan, qui a présidé la Réserve fédérale des États-Unis de 1987 à 2006, est décédé le 22 juin 2026 à l'âge de 100 ans. L'information a été confirmée par des proches et des sources officielles. Figure parmi les plus influentes de l'économie américaine et internationale, il laisse un héritage complexe, marqué à la fois par une période de croissance exceptionnelle et par les critiques sur la dérégulation financière.
Un parcours hors norme
Né à New York le 6 mars 1926, Alan Greenspan a étudié l'économie à l'université Columbia avant de se lancer dans une carrière de conseiller économique. Il a occupé des postes clés au sein de l'administration républicaine, notamment auprès du président Gerald Ford, avant d'être nommé à la tête de la banque centrale américaine par Ronald Reagan en 1987. Il a été reconduit dans ses fonctions par quatre présidents successifs, une longévité rare.
L'ère Greenspan à la Fed
Sous sa direction, la Fed a géré des crises majeures : le krach boursier de 1987, la crise asiatique de 1997 et l'éclatement de la bulle Internet au début des années 2000. Greenspan était réputé pour son approche pragmatique et ses décisions souvent qualifiées de « put Greenspan », suggérant que la Fed interviendrait pour soutenir les marchés en cas de fortes baisses. Sa gestion des taux d'intérêt, maintenus à un bas niveau après les attentats du 11 septembre 2001, a été saluée pour avoir soutenu la reprise, mais aussi critiquée pour avoir contribué à la bulle immobilière qui a précédé la crise financière de 2008.
Héritage et controverses
Adulé dans les années 1990, où on lui attribuait une partie du mérite de la « nouvelle économie » et de la prospérité américaine, Greenspan a vu sa réputation ternie après la crise financière de 2008. Certains économistes lui ont reproché d'avoir encouragé une régulation trop laxiste des produits financiers complexes et d'avoir sous-estimé les risques du marché immobilier. Lui-même a reconnu plus tard, dans ses mémoires, qu'il avait commis des erreurs d'appréciation, notamment en croyant que les banques agiraient dans leur propre intérêt à long terme.
Un homme d'influence
Au-delà de son rôle à la Fed, Alan Greenspan était un conseiller écouté des milieux d'affaires et politiques. Il a siégé à de nombreux conseils d'administration et a été président de la commission de la réforme de la sécurité sociale sous George W. Bush. Sa pensée, ancrée dans le libéralisme économique et une confiance dans l'autorégulation des marchés, a profondément marqué les orientations de la politique monétaire américaine.
Réactions et hommages
De nombreuses personnalités politiques et économiques ont salué la mémoire d'Alan Greenspan, soulignant sa contribution à la stabilité et à la croissance économiques. D'autres ont rappelé les leçons tirées de sa gestion, appelant à une vigilance accrue sur les risques systémiques.
Un dernier chapitre
Avec la disparition d'Alan Greenspan, c'est une page de l'histoire économique américaine qui se tourne. Son influence, tant admirée que critiquée, continue d'alimenter les débats sur le rôle des banques centrales et la régulation financière.