André Santini, qui dirigeait Issy-les-Moulineaux sans discontinuer depuis 1980, est décédé à l’âge de 85 ans. L’annonce de sa mort, survenue dans la nuit de dimanche à lundi, a été confirmée par son entourage. Hospitalisé depuis plusieurs mois – il avait été admis en soins en octobre 2025 –, il avait néanmoins conduit une campagne électorale depuis son lit d’hôpital et avait été réélu le 23 mars pour un huitième mandat de maire. Au moment de son décès, il détenait le record de longévité à la tête d’une commune dans le département des Hauts-de-Seine.
Un bâtisseur au service de la « médialand »
Élu pour la première fois à la mairie d’Issy-les-Moulineaux en 1980, André Santini a profondément transformé cette ancienne ville ouvrière de la banlieue ouest de Paris. Sous son impulsion, la commune est devenue un pôle d’attraction pour les entreprises des technologies de l’information et de la communication, ainsi que pour les grands groupes médiatiques. Il avait lui-même forgé le surnom de « médialand » pour désigner ce territoire où se sont installés les sièges de nombreuses chaînes de télévision, radios et sociétés de production. Cette métamorphose urbaine et économique a valu à l’élu une reconnaissance au-delà des frontières de son fief.
Parallèlement à son mandat municipal, André Santini a occupé plusieurs fonctions nationales. Il a été député, puis ministre, et a siégé au sein de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), parti centriste dont il était une figure historique. Son parcours politique, jalonné de responsabilités exécutives et législatives, a fait de lui un homme d’influence dans le paysage politique français.
Des affaires judiciaires venues ternir le bilan
Les dernières années de sa carrière ont toutefois été assombries par des procédures judiciaires. André Santini était poursuivi pour des faits de harcèlement sexuel et moral. Plusieurs plaintes avaient été déposées à son encontre, et l’instruction avait mis en lumière des comportements qui ont alimenté la chronique judiciaire et médiatique. Ces affaires ont contribué à faire de lui une figure controversée, dont l’héritage politique est désormais examiné à l’aune de ces accusations.
Un départ qui laisse la ville orpheline
Avec la disparition d’André Santini, Issy-les-Moulineaux perd son maire historique, celui qui avait façonné son visage moderne. Les réactions des habitants et des élus de la commune devraient se multiplier dans les prochains jours. La question de sa succession à la tête de la ville se posera rapidement, mais pour l’heure, c’est l’hommage à une longévité politique exceptionnelle qui domine, doublé d’une mémoire contrastée entre les réalisations urbaines et les ombres judiciaires.