Alors qu'il peaufine ses ambitions nationales, Andy Burnham laisse entrevoir une possible réécriture des règles budgétaires britanniques s'il devenait Premier ministre. Le maire du Grand Manchester, qui s'entoure d'économistes de premier plan pour étayer son programme économique, pourrait ainsi remettre en cause les disciplines fiscales en vigueur.

Cette perspective intervient dans un contexte où le débat sur la soutenabilité des finances publiques s'intensifie outre-Manche. Les alliés de M. Burnham suggèrent que les règles actuelles, qui contraignent l'endettement et les déficits publics, pourraient être assouplies pour permettre des investissements massifs dans les infrastructures et les services publics.

Une équipe d'économistes de renom

Pour donner corps à son projet, le possible candidat à la direction du Labour s'est entouré d'une brochette d'économistes reconnus. Leur mission consisterait à élaborer une stratégie de croissance alternative, capable de financer des investissements sans enfreindre les grands équilibres macroéconomiques.

Ces experts, dont les noms n'ont pas encore été officiellement dévoilés, travailleraient à la rédaction d'un livre vert qui servirait de base à la plateforme économique de M. Burnham. L'objectif affiché serait de concilier rigueur budgétaire et relance par l'investissement, dans l'esprit des politiques menées par certains pays nordiques.

Un assouplissement des règles en vue ?

Andy Burnham n'a jamais caché son scepticisme vis-à-vis des règles budgétaires héritées du gouvernement conservateur. Selon ses proches, il jugerait ces dernières trop restrictives pour permettre au Royaume-Uni de répondre aux défis du siècle, qu'il s'agisse de la transition écologique, du vieillissement de la population ou du rattrapage des inégalités régionales.

« Les règles actuelles sont un carcan idéologique qui empêche tout investissement productif », aurait confié le maire de Manchester à ses collaborateurs. Une citation qui, si elle devait être confirmée, illustrerait sa volonté de rompre avec l'orthodoxie budgétaire.

Quelles conséquences économiques ?

Un assouplissement des règles fiscales britanniques aurait des implications majeures pour la City et les marchés obligataires. Les investisseurs internationaux, qui plébiscitent les titres d'État britanniques pour leur sécurité, pourraient être déstabilisés par une telle annonce.

Cependant, les partisans de M. Burnham rétorquent qu'une politique d'investissement ambitieuse générerait à terme une croissance plus forte, réduisant mécaniquement le ratio d'endettement. Ils citent en exemple les politiques menées après la crise financière de 2008 dans plusieurs économies avancées.

Un pari risqué sur la scène politique

En affichant ainsi ses intentions, Andy Burnham prend le risque de heurter l'aile droite du Parti travailliste, traditionnellement attachée à la discipline budgétaire. Mais il pourrait aussi séduire l'aile gauche, désireuse de rompre avec l'austérité.

Le maire de Manchester n'a pas encore officiellement déclaré sa candidature à la direction du Labour. Mais la constitution de son équipe économique et les signaux qu'il envoie suggèrent qu'il se prépare activement à briguer le leadership, avec l'ambition affichée de réinventer le modèle économique britannique.