Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, élargit son équipe de conseillers économiques avec le recrutement de plusieurs personnalités de premier plan, dans ce qui est perçu comme une tentative de rassurer les marchés financiers avant une probable candidature à la direction du Parti travailliste cet été. Selon plusieurs sources bien informées, M. Burnham s'appuie désormais sur les avis d'Andy Haldane, ancien économiste en chef de la Banque d'Angleterre, de Richard Hughes, ex-président du Bureau de la responsabilité budgétaire (OBR), et de Jim O'Neill, pair crossbencher et ancien ministre au Trésor sous George Osborne, qui a contribué à l'élaboration du projet de « Northern Powerhouse » (Royaume du Nord).
Cette initiative survient alors que M. Burnham devrait faire son retour au Parlement vendredi, à l'occasion de l'élection partielle de Makerfield, circonscription qu'il convoite. Ce scrutin est considéré comme une étape cruciale vers une éventuelle remise en cause de l'autorité du leader travailliste Keir Starmer. L'équipe d'économistes a été constituée dans le but d'apporter de la crédibilité à la plateforme politique encore en développement de M. Burnham, notamment en préparant le terrain pour expliquer comment les marchés pourraient interpréter ses futures propositions.
Andy Haldane, qui a dirigé le département d'analyse économique de la Banque d'Angleterre pendant plusieurs années, apporte une expertise reconnue en matière de politique monétaire et de prévisions macroéconomiques. Richard Hughes, de son côté, a occupé la présidence de l'OBR, l'organisme public indépendant chargé de surveiller les finances publiques britanniques et d'évaluer les impacts des politiques budgétaires. Jim O'Neill, ancien économiste en chef de Goldman Sachs et créateur du concept de « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine), apporte quant à lui une vision tournée vers les investissements et la croissance régionale.
Ces nominations interviennent dans un contexte politique tendu, alors que le Parti travailliste fait face à des défis électoraux et à des tensions internes. M. Burnham, qui a déjà été candidat à la direction du parti par le passé, cherche à se positionner comme une alternative crédible à Keir Starmer, en mettant l'accent sur des politiques économiques qui pourraient séduire à la fois l'aile gauche du parti et les électeurs modérés. L'ajout de ces conseillers de haut niveau vise à démontrer que ses propositions sont solides et qu'elles résisteraient à l'examen minutieux des marchés financiers et des institutions économiques.
L'ancien maire de Manchester, connu pour son plaidoyer en faveur d'une décentralisation accrue et d'investissements dans les régions du Nord de l'Angleterre, devrait dévoiler dans les prochaines semaines les grandes lignes de son programme économique. Les observateurs notent que cette stratégie de recrutement d'experts vise à prévenir les critiques sur la viabilité de ses engagements, notamment en matière de dépenses publiques et de fiscalité.
Cette annonce pourrait également avoir des répercussions au sein du Parti travailliste, où les alliés de Keir Starmer surveillent de près les mouvements de M. Burnham. Certains analystes estiment que la constitution de cette équipe économique marque le début d'une campagne officieuse pour la direction du parti, qui pourrait être officiellement lancée après l'élection partielle de Makerfield.