Un constat contrasté sur les conditions de travail des apprentis
Plus de 8 000 apprentis inscrits à la rentrée 2018 dans des formations allant du CAP au bac +2 et toujours en contrat à la fin de leur deuxième année ont été interrogés par les services statistiques des ministères du Travail (Dares), de l’Éducation nationale (Depp) et de l’Enseignement supérieur (Sies). L’enquête, rendue publique le 17 juin 2026, couvre six grands secteurs d’activité et offre une photographie des conditions de travail de ces jeunes en alternance.
Heures supplémentaires non compensées
L’un des principaux enseignements de l’étude concerne les horaires. Une majorité des apprentis interrogés déclarent effectuer des heures supplémentaires. Près de six sur dix indiquent avoir dépassé la durée légale du travail au cours des douze derniers mois. Or, moins de 60 % de ceux qui ont travaillé au-delà des horaires prévus ont bénéficié d’une compensation systématique, qu’elle soit financière ou sous forme de repos. Les agents des ministères soulignent « de fortes contraintes horaires et un intense rythme de travail ».
Cette situation expose les jeunes à des conditions de travail jugées pénibles par une partie des répondants. L’étude met en lumière des facteurs de risques : horaires irréguliers, travail en soirée ou le week-end, et environnements physiques exigeants.
Un taux de satisfaction globalement élevé
Malgré ces difficultés, le niveau de satisfaction des apprentis vis-à-vis de leur métier reste élevé. Plus de 80 % des jeunes interrogés se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leur travail. Les motifs de satisfaction incluent l’apprentissage concret du métier, les relations avec les collègues et l’autonomie accordée. La dimension formatrice de l’alternance est particulièrement valorisée.
Cependant, l’étude révèle des disparités selon les secteurs et selon le niveau de diplôme préparé. Les apprentis dans les métiers de l’industrie ou du BTP sont plus exposés aux contraintes physiques, tandis que ceux des services ressentent davantage la pression temporelle.
Des jeunes plus exposés que leurs homologues en formation initiale
L’étude compare également les conditions de travail des apprentis à celles des jeunes qui ne suivent pas une voie d’alternance. Les apprentis apparaissent plus souvent confrontés à des amplitudes horaires importantes et à des situations de travail physiquement exigeantes. Les auteurs de l’enquête notent que cette différence peut s’expliquer par la nature même des métiers exercés en apprentissage, souvent manuels et en milieu professionnel dès le début de la formation.
Des limites méthodologiques
Les rédacteurs de l’étude rappellent que les données collectées concernent des jeunes entrés en formation avant la réforme de l’apprentissage de 2018. Le dispositif a depuis été profondément modifié, avec une augmentation significative du nombre d’apprentis et un élargissement des secteurs concernés. La photographie dressée par l’enquête ne reflète donc pas nécessairement la situation actuelle, mais fournit une base de référence utile pour évaluer les effets des réformes ultérieures.
L’enquête a été réalisée par voie de questionnaire auprès d’un échantillon représentatif de 8 000 apprentis. Les résultats ont été publiés simultanément par les services statistiques des trois ministères.