Le tribunal a rendu son verdict ce mardi : Marine Le Pen reste condamnée pour détournement de fonds publics européens, mais sa peine est allégée par rapport à la décision de première instance. Alors que le jugement initial de 2025 lui imposait une interdiction de cinq ans de toute fonction publique, la cour d’appel a ramené cette durée à 15 mois. Cette réduction ouvre potentiellement la voie à une candidature de la leader du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027.

La dirigeante, âgée de 57 ans, a été reconnue coupable d’avoir utilisé des fonds du Parlement européen pour rémunérer des assistants qui n’exerçaient pas de fonctions réelles, un système que les procureurs ont qualifié de « professionnalisation » d’un détournement de fonds initié par son père, l’ancien chef du Front national Jean-Marie Le Pen. Dans le cadre de cette affaire, elle avait également écopé d’une peine de deux ans de prison ferme. La décision d’appel maintient cette peine d’emprisonnement, mais prévoit que l’intéressée pourrait purger sa peine sous bracelet électronique, ce qui lui permettrait de vaquer à ses occupations politiques.

Les réactions politiques

Marine Le Pen, qui s’est toujours dite innocente, avait déclaré lors d’un meeting ce week-end qu’elle n’avait « pas peur » du verdict. Elle doit s’adresser aux militants du Rassemblement national dans la soirée pour commenter la décision de justice. Jordan Bardella, figure montante du parti, a dénoncé une procédure « politiquement motivée ». Le parti et dix autres prévenus ont également fait appel de leur condamnation.

Conséquences sur la course à l’Élysée

La réduction de la peine d’inéligibilité – qui passe de cinq ans à 15 mois – pourrait permettre à Marine Le Pen de se porter candidate à la présidentielle de 2027, puisqu’elle serait éligible au moment du scrutin. Ce scénario contraste avec les inquiétudes exprimées avant l’audience : une interdiction longue l’aurait exclue de la compétition et aurait favorisé la candidature de son protégé Jordan Bardella. La décision de la cour d’appel conserve donc la possibilité d’une nouvelle campagne pour celle qui est arrivée deuxième en 2017 et 2022.

Rappel des faits

L’affaire remonte à la période où Marine Le Pen siégeait au Parlement européen, de 2004 à 2017. Avec une vingtaine d’anciens collaborateurs, elle avait été reconnue coupable de détournement de fonds européens destinés à rémunérer des emplois fictifs. Le jugement de première instance, rendu en 2025, avait prononcé une peine de cinq ans d’inéligibilité et deux ans de prison. La défense avait immédiatement interjeté appel, suspendant l’exécution de la peine jusqu’à ce mardi.

Procédure et suites

Le verdict d’appel étant susceptible d’un pourvoi en cassation, la situation judiciaire de Marine Le Pen n’est pas totalement close. Cependant, la décision de la cour d’appel de Paris constitue une étape décisive dans ce dossier judiciaire et politique qui pèse sur l’avenir de l’extrême droite française.