L’assurance-vie confirme son attractivité auprès des épargnants français. En avril, la collecte nette — différence entre les dépôts et les retraits — a atteint 5,2 milliards d’euros, selon les données publiées par la Fédération française de l’assurance (FFA). Ce niveau élevé s’inscrit dans une tendance de fond observée depuis plusieurs mois, l’assurance-vie bénéficiant d’une rémunération jugée plus avantageuse que celle d’autres placements comme le Livret A.
L’encours total des contrats d’assurance-vie s’établit désormais à 2 148 milliards d’euros, un sommet historique. Ce chiffre traduit l’appétit persistant des ménages pour ce produit d’épargne, qui allie sécurité et rendement, même dans un contexte de taux d’intérêt encore modérés.
Un arbitrage favorable à l’assurance-vie
Les dépôts enregistrés en avril confirment le mouvement d’arbitrage des épargnants au détriment du Livret A. Ce dernier, dont le taux est fixé à 2,4 % net depuis février, voit sa collecte ralentir. L’assurance-vie, qui offre des rendements variables selon les fonds en euros et les unités de compte, séduit par des performances souvent supérieures — les fonds en euros ont servi un rendement moyen de l’ordre de 2,5 % à 3 % en 2024, tandis que les unités de compte, plus risquées, peuvent dégager des gains plus élevés.
Les spécialistes attribuent ce regain d’intérêt à plusieurs facteurs : la relative stabilité des marchés financiers, la baisse de l’inflation qui redonne du pouvoir d’achat aux rendements, et la souplesse fiscale du produit après huit ans de détention. Les versements sur les unités de compte, qui offrent un potentiel de hausse plus fort, continuent de progresser, représentant une part croissante des flux.
Un record qui s’inscrit dans la durée
Le mois d’avril 2025 s’ajoute à une série de mois positifs pour l’assurance-vie. Depuis le début de l’année, la collecte nette cumulée dépasse les 15 milliards d’euros, selon les estimations des professionnels du secteur. L’encours total, déjà en hausse régulière, franchit pour la première fois la barre des 2 100 milliards d’euros, confirmant la place prépondérante de ce placement dans le patrimoine des Français.
Ce record intervient alors que le gouvernement et la Banque de France surveillent de près l’évolution de l’épargne réglementée. Le Livret A, qui sert à financer le logement social et les collectivités locales, voit sa collecte freinée par la concurrence de l’assurance-vie. Pour l’heure, aucun ajustement du taux du Livret A n’est envisagé, mais la situation pourrait être réévaluée en fonction des flux observés dans les prochains mois.
Des perspectives contrastées
Si le mois d’avril est très favorable, les experts rappellent que la performance passée ne garantit pas les rendements futurs. Les marchés financiers restent soumis à des incertitudes géopolitiques et économiques, notamment les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Europe, qui pourraient affecter les unités de compte. Par ailleurs, la rémunération des fonds en euros pourrait baisser si les taux obligataires venaient à se tasser.
Malgré ces réserves, l’assurance-vie conserve une place centrale dans la stratégie d’épargne des ménages français. Avec un encours de 2 148 milliards d’euros, elle représente environ 35 % du patrimoine financier des particuliers, une proportion qui ne semble pas près de diminuer.