Le marché du travail britannique connaît un glissement notable vers l'intérim. Selon les données compilées par le cabinet KPMG et la Recruitment and Employment Confederation (REC), le mois de mai a enregistré une progression marquée des offres de postes temporaires. Parallèlement, le recrutement de personnel permanent a subi un recul inédit depuis dix mois, signe d'une prudence accrue des employeurs.

Ce phénomène s'explique par une combinaison de facteurs. La faible confiance dans les perspectives économiques, la hausse des coûts salariaux et les tensions au Moyen-Orient incitent les directions à éviter de s'engager sur du long terme. L'instabilité politique intérieure et les nouvelles obligations administratives liées à l'emploi renforcent cette frilosité.

Neil Carberry, directeur général de la REC, résume la situation en indiquant que les entreprises « freinent leurs embauches permanentes face à l'augmentation des coûts, à la crise du Golfe et à la paperasserie réglementaire », et que « le travail temporaire comble le vide ». Il souligne que les suppressions de postes, la raréfaction des offres et les craintes pour la sécurité de l'emploi ont accru le recours aux contrats courts.

Ces évolutions interviennent dans un contexte déjà fragile pour le marché de l'emploi au Royaume-Uni. Les analystes pointent un risque de dualisation entre une minorité de salariés protégés en CDI et une majorité de travailleurs précaires. L'absence de visibilité sur la croissance et les tensions géopolitiques prolongées pourraient encore accentuer cette tendance.