La diffusion d’une vidéo montrant l’interpellation d’un étudiant agonisant par la police britannique a déclenché une vague d’indignation. Henry Nowak, 18 ans, gît au sol, une blessure par arme blanche au torse, tandis que deux agents lui passent les menottes. Il décédera peu après. Son meurtrier présumé, qui avait lui-même appelé la police, avait affirmé avoir été victime d’insultes racistes et désigné le jeune homme comme son agresseur. Les faits se sont déroulés le 3 décembre 2025 à Southampton.
La scène, filmée par un témoin, a été rendue publique dans le cadre du procès de l’auteur présumé des coups de couteau. Ce dernier, un homme blanc, avait contacté les services de secours en déclarant avoir été attaqué et insulté en raison de sa couleur de peau, selon des sources proches de l’enquête. Les policiers arrivés sur place auraient immédiatement maîtrisé Henry Nowak, sans vérifier la version du plaignant ni lui prodiguer les premiers soins. L’autopsie a établi que la blessure mortelle avait été infligée par l’homme qui se présentait comme la victime.
Une polémique sur le traitement racial des suspects
L’affaire a rapidement pris une dimension politique. Des figures de l’extrême droite britannique dénoncent une « police à deux vitesses », arguant que les agents ont été trompés par une fausse allégation de crime raciste et ont négligé un jeune Noir en danger. Du côté des associations de défense des droits civiques, on pointe du doigt un biais systémique qui conduirait les forces de l’ordre à privilégier la parole d’un plaignant blanc. Plusieurs élus locaux ont demandé une enquête indépendante sur le comportement des policiers impliqués.
Les autorités judiciaires ont confirmé que le meurtrier présumé a été mis en examen pour assassinat et qu’il comparaît actuellement devant la cour d’assises de Southampton. Son avocat a plaidé la légitime défense lors de l’audience d’ouverture, sans étayer cette thèse par des éléments médicaux ou balistiques. Le procès doit durer plusieurs semaines et devrait entendre les témoignages des agents municipaux ayant procédé à l’interpellation.
Des questions sur les procédures d’intervention
Les syndicats de police ont réagi en indiquant que les agents « agissent dans l’urgence avec les informations disponibles » et qu’il ne faut pas tirer de conclusions hâtives à partir d’une vidéo partielle. Toutefois, plusieurs experts en usage de la force jugent que les règles d’engagement auraient dû imposer une mise à l’abri et des soins immédiats pour la personne visiblement blessée, avant toute mesure coercitive.
L’affaire relance au Royaume-Uni le débat sur la confiance entre les minorités et les forces de l’ordre. Des manifestations de soutien à la famille de Henry Nowak ont eu lieu devant le tribunal de Southampton, tandis que des contre-rassemblements d’extrême droite ont été signalés dans plusieurs villes. Le ministre de l’Intérieur a promis que « toute la lumière serait faite sur les circonstances exactes de cette tragédie » et qu’une revue des protocoles de police serait engagée.