Les États-Unis sont entrés dans la polémique qui secoue le Royaume-Uni depuis plusieurs semaines. Jeudi, le département d’État a publié une déclaration cinglante sur le réseau X, dénonçant « le formatage idéologique et les pratiques policières à deux vitesses » qu’il qualifie de « symptômes flagrants du déclin de la civilisation ». La diplomatie américaine a également adressé ses condoléances à la famille de la victime et au peuple britannique, s’exprimant « en ces temps troublés ».

Cette réaction officielle intervient après la diffusion d’une vidéo de l’intervention policière qui a provoqué un tollé. Les images montrent des agents menottant Henry Nowak, 18 ans, alors qu’il agonisait après avoir été frappé à plusieurs reprises à l’arme blanche, dans la nuit du 3 décembre 2025 à Southampton, sur la côte sud de l’Angleterre.

Les faits et le mensonge de l’agresseur

L’auteur des coups, Vickrum Digwa, un homme sikh de 23 ans, a été condamné lundi à la prison à vie avec une peine de sûreté de 21 ans. Au moment des faits, il avait accusé sa victime d’une attaque raciste et affirmé avoir agi en état de légitime défense après avoir subi insultes et coups. Les policiers présents sur place ont cru sa version et ont procédé à l’arrestation du jeune étudiant, qui succombait à ses blessures. Le geste, filmé par les caméras portées par les agents, a rapidement été diffusé et a suscité l’indignation.

Des manifestations et une institution sous pression

L’affaire a déclenché de violentes protestations, notamment à Southampton. Selon les autorités, onze membres des forces de l’ordre ont été blessés lors de ces rassemblements. L’extrême droite britannique a accusé la police de faire preuve de « préjugés anti-Blancs », un reproche alimenté par la décision de croire l’agresseur plutôt que la victime.

Pour tenter d’apaiser les critiques, la police a annoncé un réexamen de ses directives contre le racisme, dans le but d’éviter qu’un tel incident ne se reproduise.

Une implication américaine inédite

La prise de position de Washington marque une escalade sans précédent dans ce dossier. Le département d’État n’a pas seulement exprimé sa compassion ; il a explicitement condamné le comportement des forces de l’ordre et l’orientation idéologique qu’il perçoit au sein des institutions britanniques. Certains observateurs y voient une ingérence dans les affaires intérieures du Royaume-Uni, tandis que d’autres estiment que la gravité des faits justifie une réaction internationale.

Pour l’heure, le gouvernement britannique n’a pas répondu officiellement aux critiques américaines. La controverse, qui mêle questions raciales, erreurs policières et tensions diplomatiques, continue de dominer le débat public outre-Manche.