La controverse autour de la mort d'Henry Nowak, un étudiant de 18 ans tué à l'arme blanche le 3 décembre 2025 à Southampton, a pris une dimension internationale. Jeudi 4 juin 2026, le département d'État américain a publié une déclaration cinglante sur le réseau X, dénonçant la gestion de l'affaire par le gouvernement britannique. « Le formatage idéologique et les pratiques policières à deux vitesses sont les symptômes flagrants du déclin de la civilisation », a écrit la diplomatie américaine, ajoutant que « les États-Unis présentent leurs condoléances à la famille d'Henry Nowak et au peuple du Royaume-Uni en ces temps troublés ».

Ce communiqué marque une rare ingérence directe de Washington dans les affaires intérieures d'un allié proche. Il intervient alors que l'affaire a déjà provoqué de violentes manifestations outre-Manche, alimentées par la diffusion d'une vidéo de l'intervention policière montrant l'agonisant menotté au sol.

Les faits à l'origine du tollé

Vickrum Digwa, un homme sikh de 23 ans, a été condamné lundi 1er juin 2026 à la prison à vie, assortie d'une peine de sûreté de 21 ans, pour le meurtre d'Henry Nowak. Les faits remontent au 3 décembre 2025 : l'étudiant rentrait d'une soirée lorsqu'il a été poignardé à plusieurs reprises. Selon les éléments du procès, Digwa a menti aux policiers arrivés sur place, affirmant avoir été victime d'une agression raciste et avoir agi en légitime défense après avoir subi insultes et coups.

Les agents ont cru cette version et ont menotté Henry Nowak alors qu'il agonisait, en lui signifiant son arrestation. L'étudiant est décédé peu après. La scène, filmée par les caméras portées par les policiers, a été rendue publique, suscitant une vague d'indignation.

Des manifestations violentes et une police sous pression

Depuis la médiatisation de l'affaire, des rassemblements d'extrême droite ont dénoncé ce qu'ils présentent comme des « préjugés anti-Blancs » au sein des forces de l'ordre. À Southampton, les manifestations ont dégénéré : onze policiers ont été blessés lors d'affrontements. Face à la pression, la police britannique a annoncé un réexamen de ses directives contre le racisme afin d'éviter qu'un tel incident ne se reproduise.

Implications politiques

La prise de position de Washington risque de compliquer les relations déjà tendues entre Londres et l'administration américaine. Les observateurs notent que les termes employés par le département d'État — « déclin de la civilisation », « pratiques policières à deux vitesses » — sont inhabituellement durs entre deux pays qui entretiennent traditionnellement une « relation spéciale ». Aucune réaction officielle de Downing Street n'avait été publiée dans les heures suivant la déclaration américaine.

L'affaire continue de diviser l'opinion publique britannique, certains dénonçant un acte de violence raciste, d'autres pointant les défaillances de la procédure policière. Le réexamen annoncé des directives internes à la police constituera un premier test de la capacité des autorités à répondre aux critiques.