Alors que les opérations de recherche de survivants sous les décombres touchent à leur fin au Venezuela, l'attention des acteurs humanitaires se tourne désormais vers les conséquences sanitaires à long terme des tremblements de terre survenus la semaine dernière. La destruction des fragiles réseaux d'eau potable et d'assainissement dans les zones les plus touchées fait craindre une flambée de maladies infectieuses.
Infrastructures détruites et pénurie d'eau
Dans l'État de La Guaira, l'une des régions les plus sévèrement frappées, le système de distribution d'eau s'est effondré sous l'effet des secousses, a indiqué Susana Arroyo, porte-parole de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à Caracas. Selon ses déclarations, l'eau en bouteille est désormais la seule option viable pour se laver, se brosser les dents, faire la cuisine et couvrir tous les autres besoins quotidiens. Le réseau d'égouts a également été anéanti, rendant l'accès aux toilettes extrêmement limité, voire inexistant dans certains secteurs.
Cette situation aggrave des difficultés préexistantes. Avant même les séismes, une partie importante de la population de La Guaira ne disposait pas d'un accès constant à l'eau courante et dépendait de camions-citernes pour s'approvisionner. La destruction des infrastructures a donc transformé une pénurie chronique en une crise aiguë.
Risques épidémiologiques
Les travailleurs de la santé redoutent désormais la propagation de maladies hydriques, telles que le choléra et la fièvre typhoïde, dans un contexte où l'absence d'eau potable et de systèmes sanitaires fonctionnels favorise la contamination. Le manque d'hygiène de base, couplé à la promiscuité dans les abris temporaires, constitue un terreau fertile pour les épidémies. Les secouristes et organisations humanitaires s'emploient à évaluer l'ampleur des besoins et à mettre en place des mesures préventives, mais les défis logistiques sont immenses.
Le bilan humain des séismes dépasse déjà les 1 900 morts, et les dégâts matériels sont considérables le long de la côte. Alors que le pays panse ses plaies, la communauté humanitaire met en garde contre une seconde catastrophe, silencieuse celle-ci, qui pourrait faire encore plus de victimes si l'accès à l'eau potable et aux soins de base n'est pas rétabli rapidement.