Une hausse de 13 % des tarifs réglementés

Depuis ce mercredi, le plafond tarifaire appliqué par le régulateur Ofgem sur les factures d’électricité et de gaz augmente de 13 % pour les 33 millions de foyers d’Angleterre, du pays de Galles et d’Écosse. Cette hausse, qui représente environ 18 livres sterling par mois pour un ménage à la consommation typique, se traduit par une augmentation de 24 % sur la seule part gaz et de 5 % sur l’électricité. Les frais fixes, eux, restent quasi inchangés. En Irlande du Nord, la régulation et les factures diffèrent.

Les tarifs concernent les consommateurs dont l’abonnement est indexé sur le plafond d’Ofgem, soit la majorité des foyers. Ceux qui ont souscrit un contrat à prix fixe (environ 40 % des abonnés) ne verront pas de changement jusqu’à l’échéance de leur offre.

Appel aux relevés de compteurs

Pour éviter que la consommation antérieure soit refacturée au nouveau barème, les autorités incitent fortement les ménages ne disposant pas de compteur intelligent à effectuer un relevé de leur compteur. Cette précaution permet de garantir que seuls les kilowattheures consommés après l’entrée en vigueur du nouveau tarif sont soumis au prix majoré.

Des causes géopolitiques et une pression persistante

Cette flambée tarifaire est principalement attribuée à la hausse du coût du gaz sur les marchés internationaux, conséquence des tensions géopolitiques, notamment du conflit entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part. Les analystes du cabinet Cornwall Insight estiment que ces prix élevés devraient perdurer jusqu’à l’hiver.

« La trêve avec l’Iran a donné un peu de répit aux marchés, mais c’est une pause, pas une résolution du conflit. Ce qui sortira de l’accord final, s’il y en a un, comptera énormément pour les prix de l’énergie », a déclaré Craig Lowrey, consultant principal chez Cornwall Insight. Il ajoute que « même dans le meilleur des cas, les effets durables du conflit se feront sentir pendant un certain temps ».

Perspectives pour l’automne et pression sur le gouvernement

Cornwall Insight prévoit une très légère baisse du plafond tarifaire d’Ofgem en octobre, de l’ordre de 0,5 %. Ce chiffre, bien que modeste, relance les appels à une intervention gouvernementale pour aider les plus vulnérables. La ministre des Finances, Rachel Reeves, avait indiqué qu’un soutien ciblé pourrait être apporté à l’automne, mais son maintien en poste est incertain dans le cadre de la nouvelle direction travailliste.

De leur côté, les membres du gouvernement rappellent les réformes engagées plus tôt dans l’année pour réduire les factures. Les associations de consommateurs et certains parlementaires plaident pour des mesures plus ambitieuses, soulignant que la moindre augmentation de 0,5 % en octobre est insuffisante pour compenser la hausse actuelle de 13 %.

Un nouveau calcul de la consommation typique

Ofgem a par ailleurs revu à la baisse son estimation de la consommation d’énergie « typique », pour tenir compte des économies réalisées par les ménages ces dernières années, en raison des prix élevés et de l’amélioration de l’efficacité énergétique. Désormais, le régulateur estime une consommation annuelle de référence à 9 500 kWh de gaz et 2 500 kWh d’électricité.

Selon ces nouvelles bases, une maison de taille moyenne (deux à trois chambres) voit sa facture annuelle estimée à environ 1 664 livres sterling, contre 1 172 livres pour un petit logement et jusqu’à 2 333 livres pour une grande maison.

Quelles suites ?

Si l’été et les températures clémentes atténuent l’impact immédiat de la hausse, l’inquiétude monte pour la saison froide. Les experts préviennent que sans une résolution durable des conflits internationaux, les prix du gaz pourraient rester élevés, imposant aux autorités britanniques de trouver des solutions pour protéger les ménages les plus exposés.