Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a été entendu ce mercredi par les députés dans le cadre d’une audition consacrée aux résultats financiers du groupe et aux prix des carburants. Interrogé sur le montant des bénéfices engrangés par la multinationale, il a indiqué que ceux-ci s’élevaient à environ 500 millions d’euros sur le territoire français. Cette déclaration intervient alors que le groupe réalise des profits bien plus conséquents à l’échelle mondiale.
Face aux critiques qui lui sont adressées, le dirigeant a fermement rejeté la qualification de « profiteur de guerre », estimant que le groupe ne tire pas profit indûment des tensions géopolitiques. Il a insisté sur le fait que TotalEnergies contribue à l’économie nationale par ses investissements et ses emplois.
Prix des carburants : aucune baisse immédiate
Interrogé sur la possibilité de ramener le prix du litre de carburant à 1,70 euro, Patrick Pouyanné a indiqué qu’une telle mesure n’était pas envisagée à court terme. Il a précisé que les marges du groupe ne permettraient pas de réduire les prix dans l’immédiat, sans pour autant fermer la porte à des évolutions ultérieures. Cette position a suscité des réactions contrastées parmi les parlementaires, certains réclamant des efforts supplémentaires de la part du géant pétrolier.
Bénéfices mondiaux et fiscalité
L’audition a également été l’occasion de revenir sur les résultats financiers de TotalEnergies à l’international. Le groupe affiche des bénéfices mondiaux de l’ordre de 11 milliards d’euros, mais a souligné que ses activités en France, bien que profitables, ne représentent qu’une part modeste de ce total. Cette situation a relancé le débat sur la taxation des grandes entreprises énergétiques, plusieurs députés estimant que le groupe devrait contribuer davantage au budget de l’État.
Patrick Pouyanné a défendu la politique fiscale du groupe, expliquant que les règles actuelles ne permettent pas de prélever davantage d’impôts sur les activités françaises. Il a rappelé que TotalEnergies est soumis à l’impôt sur les sociétés dans les pays où il opère, et que les différences de fiscalité entre États expliquent en partie le faible montant acquitté en France.
Réactions politiques
Plusieurs élus ont exprimé leur mécontentement face aux explications du PDG. Certains ont dénoncé une « optimisation fiscale agressive » et réclamé une refonte de la législation pour contraindre les grandes entreprises à payer leur juste part d’impôts. D’autres, en revanche, ont salué la transparence du dirigeant et rappelé que TotalEnergies est un acteur majeur de l’emploi et de l’investissement en France.
Cette audition intervient dans un contexte de hausse des prix de l’énergie et de tensions sur le pouvoir d’achat des ménages. Le gouvernement a fixé un objectif de baisse des prix des carburants, mais les discussions avec les pétroliers n’ont pas encore abouti à un accord concret.