Auditionné mercredi 17 juin par la commission des finances de l'Assemblée nationale, le président-directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a réfuté les accusations selon lesquelles son groupe serait un « profiteur de guerre ». Il a également plaidé pour la voiture électrique, notamment dans les zones rurales, suscitant des réactions contrastées.
Plafonnement des prix à la pompe : une mesure défendue
Interrogé sur la fiscalité des multinationales et le coût des carburants, Patrick Pouyanné a justifié le plafonnement des prix pratiqué par TotalEnergies dans ses stations-service. Il s'est dit étonné des critiques formulées à l'encontre de cette initiative, qu'il présente comme un effort en faveur du pouvoir d'achat des consommateurs. « Nous ne sommes pas des profiteurs de guerre », a-t-il déclaré, en réponse aux accusations de certains députés qui estiment que le groupe tire profit du contexte géopolitique.
Un conseil pour les zones rurales : la voiture électrique
Lors de l'audition, un député a interrogé le dirigeant sur l'absence de bornes de recharge TotalEnergies dans les zones rurales et sur les priorités d'approvisionnement pour ces territoires. Patrick Pouyanné a alors conseillé aux habitants de ces régions de passer à la voiture électrique. « Il est très facile d’installer une borne à son domicile », a-t-il affirmé, estimant que ce type de véhicule est « très adapté » aux besoins des ruraux, qui parcourent souvent de plus longues distances pour se rendre au travail.
Ces propos ont été jugés paradoxaux par plusieurs observateurs, venant du dirigeant d'une major pétrolière. TotalEnergies, via sa filiale TotalEnergies Renouvelables, est également actif dans la production d'électricité, ce qui explique en partie cette position.
Réactions politiques et interrogations
L'audition a donné lieu à des échanges tendus entre le PDG et certains parlementaires, notamment sur la question de la redistribution des bénéfices exceptionnels réalisés par le secteur énergétique. Plusieurs députés ont estimé que les mesures de plafonnement ne suffisaient pas et ont réclamé une taxation accrue des superprofits. Patrick Pouyanné a opposé que les investissements du groupe, notamment dans les énergies renouvelables, contribuaient déjà à la transition énergétique.
Le conseil donné aux ruraux d'acheter une voiture électrique a également été critiqué. Certains élus ont souligné que le coût d'acquisition d'un tel véhicule reste élevé et que l'infrastructure de recharge publique dans les zones peu denses est encore insuffisante. « Nous travaillons à déployer davantage de bornes », a répondu le PDG, tout en insistant sur le rôle de l'installation individuelle.
Contexte et enjeux
L'intervention de Patrick Pouyanné intervient dans un contexte de hausse des prix de l'énergie et de débat sur le partage de la valeur entre les grands groupes et les consommateurs. TotalEnergies figure parmi les entreprises les plus critiquées pour ses profits records, ce qui alimente les discussions au Parlement sur une éventuelle contribution exceptionnelle.
Le groupe a récemment annoncé des investissements dans des projets solaires et éoliens, mais continue de développer ses activités pétrolières et gazières. Cette double orientation suscite des interrogations sur la sincérité de son engagement climatique.
L'audition s'est achevée sans annonce de nouvelles mesures, mais elle a relancé le débat sur la fiscalité énergétique et la transition écologique en France, notamment dans les territoires ruraux où la dépendance à la voiture individuelle reste forte.