Pierre-Édouard Stérin a été entendu jeudi par la commission des Finances du Sénat dans le cadre de l'examen de son initiative intitulée « Périclès ». L'homme d'affaires, fondateur de l'entreprise Smartbox, a profité de cette audition pour clarifier ses intentions politiques et défendre un projet qui suscite interrogations et débats depuis plusieurs semaines.
Le milliardaire, dont la fortune est estimée à plusieurs centaines de millions d'euros, a détaillé les contours de « Périclès », une structure qu'il présente comme un « think and do tank » – mêlant réflexion intellectuelle et actions concrètes. L'objectif affiché est de promouvoir une certaine idée de la civilisation française, en finançant notamment des actions culturelles, éducatives et mémorielles. Lors de son audition, il a assuré que son initiative ne visait pas à prendre le pouvoir par les urnes, mais à influencer le débat public par le mécénat et l'investissement dans des idées.
Interrogé sur son propre positionnement politique, Pierre-Édouard Stérin a déclaré sans détour se situer « au centre de la droite ». Une formule qu'il a employée pour se distinguer des franges les plus radicales de l'échiquier politique, tout en revendiquant un attachement aux valeurs conservatrices sur les plans sociétal et identitaire.
Des sénateurs de plusieurs rangs ont interrogé l'homme d'affaires sur la provenance de ses fonds, la gouvernance du projet et le risque d'une dérive vers un financement occulte d'activités politiques. Le milliardaire a répondu que tout serait fait dans la plus grande transparence, et que les comptes de « Périclès » seraient rendus publics. Il a également précisé que la structure ne financerait aucun parti politique ni aucune candidature individuelle, se concentrant sur des actions de « réarmement moral et civique ».
Ce projet s'inscrit dans une tendance observée chez plusieurs grandes fortunes françaises, qui cherchent à peser sur le débat public par le biais de fondations ou de clubs de réflexion, plutôt que par un engagement politique direct. Pierre-Édouard Stérin, qui avait déjà suscité des controverses en 2024 avec des déclarations sur l'immigration et l'identité nationale, a réitéré sa conviction qu'une partie de l'élite intellectuelle et économique française partage ses analyses sur le déclin supposé du pays.
L'audition n'a pas donné lieu à des annonces concrètes de lancement opérationnel, mais l'homme d'affaires a indiqué que les premières actions pourraient être dévoilées dans les prochains mois. Les sénateurs ont pris note de ses engagements, tout en réservant leur jugement sur la réalité de la transparence promise. Plusieurs d'entre eux ont estimé que le dispositif méritait un suivi législatif, notamment pour éviter que des financements privés ne contournent les règles du financement politique.
Cette comparution marque une étape importante pour Pierre-Édouard Stérin, qui cherche à rassurer sur ses intentions tout en affirmant sa volonté de peser sur le débat d'idées en France.