Le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, figure controversée du paysage entrepreneurial et philanthrope français, a été entendu le 4 juin 2026 par la commission d’enquête du Sénat. Devant les sénateurs, il a développé son positionnement et défendu le projet Périclès, une initiative qui suscite de vifs débats sur les frontières entre action caritative et ambition politique.
Un positionnement assumé
Interrogé sur sa conception de l’engagement, Pierre-Édouard Stérin a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses activités économiques. « Je suis bien décidé à continuer à faire de l’argent pour faire le bien », a-t-il déclaré, résumant sa philosophie. Selon lui, la création de richesse constitue un levier indispensable pour financer des causes d’intérêt général, et il ne voit pas de contradiction entre la recherche de profit et la philanthropie.
Le projet Périclès au cœur des débats
Le projet Périclès, que le milliardaire a présenté comme une initiative de long terme, vise à soutenir des actions dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la cohésion sociale. Cependant, ses détracteurs pointent un risque de dérive politique, estimant que cette structure pourrait servir à influencer le débat public ou à promouvoir des idées conservatrices. Face à ces accusations, Stérin a insisté sur le caractère apolitique de sa démarche, tout en reconnaissant que son engagement citoyen pouvait être perçu comme politique.
Un débat sur le rôle des milliardaires
Cette audition s’inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur le rôle des très grandes fortunes dans la société française. Plusieurs sénateurs ont exprimé des réserves sur la concentration de moyens financiers entre les mains d’un seul individu, susceptible d’orienter des politiques publiques. Le milliardaire a répondu que son action se situait dans un cadre strictement philanthropique, comparable à celui de fondations étrangères, et que le projet Périclès ne visait pas à se substituer à l’État.
Un parcours scruté
Fondateur de la société de services informatiques Smartbox, Pierre-Édouard Stérin a bâti une fortune estimée à plusieurs centaines de millions d’euros. Ces dernières années, il s’est investi dans des causes catholiques et traditionalistes, ce qui a nourri les soupçons sur une possible ambition politique. Son audition devant le Sénat a permis de clarifier certains points, mais n’a pas dissipé toutes les interrogations.
Les suites de l’audition
À l’issue de son intervention, la commission d’enquête sénatoriale devrait poursuivre ses travaux. Plusieurs auditions sont encore programmées, et un rapport est attendu dans les prochains mois. Les débats autour du projet Périclès et du financement privé de causes publiques ne sont pas près de s’éteindre.