La progression du virus H5N1 hautement pathogène de la grippe aviaire s’accélère en Australie. Mercredi 24 juin, les autorités sanitaires d’Australie-Méridionale ont confirmé la détection d’un pétrel infecté, faisant de cet État le deuxième territoire continental frappé par l’épizootie, après les cas signalés ce week-end à Victoria et en Australie-Occidentale.
Un oiseau marin porteur du virus
L’animal, un pétrel, a été retrouvé sur le littoral d’Australie-Méridionale. Les analyses ont révélé la présence du sous-type H5N1, une souche particulièrement contagieuse pour les oiseaux et capable, dans certains contextes, de franchir la barrière des espèces. Le spécimen faisait partie des premiers oiseaux sauvages testés dans le cadre du renforcement de la surveillance épidémiologique entrepris depuis l’annonce du premier cas continental samedi dernier.
Ce nouveau cas porte à trois le nombre total d’infections confirmées sur le continent australien. Les deux premiers avaient été enregistrés entre samedi et lundi dans l’État de Victoria et en Australie-Occidentale. À Victoria, un élevage de volailles avait été placé sous quarantaine après la détection du virus dans un foyer. En Australie-Occidentale, un skua brun (un oiseau marin charognard) avait été retrouvé mort non loin de la ville d’Esperance, suscitant l’inquiétude des autorités locales.
Extension géographique et réaction des autorités
L’apparition de foyers dans deux États distincts en moins d’une semaine, ainsi que le cas supplémentaire en Australie-Méridionale — portant le nombre d’États touchés à trois —, confirme une dissémination plus large que celle initialement estimée. Les oiseaux marins migrateurs sont considérés comme les vecteurs probables du virus depuis les foyers asiatiques et antarctiques.
Les autorités sanitaires vétérinaires ont déclenché des protocoles de surveillance accrus dans les zones touchées. Des prélèvements supplémentaires sont en cours sur des oiseaux sauvages et dans les élevages avicoles des régions concernées. Aucun cas humain n’a été signalé à ce stade, mais les autorités rappellent les consignes de prudence : éviter tout contact direct avec des oiseaux morts ou malades et signaler toute observation suspecte aux services vétérinaires.
Contexte mondial
L’arrivée du H5N1 sur le continent australien était redoutée depuis plusieurs mois par les scientifiques et les autorités sanitaires. L’Australie, jusqu’à ces derniers jours, était l’un des derniers continents épargnés par la souche hautement pathogène. L’épizootie touche désormais la quasi-totalité de la planète, avec des foyers massifs en Asie, en Europe, en Afrique, en Amérique et en Antarctique.
La souche H5N1 actuelle, issue de clade 2.3.4.4b, a causé la mort de centaines de millions d’oiseaux sauvages et domestiques depuis 2021. Des cas de transmission à des mammifères (renards, phoques, ours, visons, etc.) ont été rapportés dans plusieurs régions du monde, renforçant la vigilance des organisations sanitaires internationales.
Mesures préventives en Australie
Le gouvernement fédéral australien a mobilisé des équipes d’intervention rapide et renforcé les contrôles aux frontières pour empêcher l’introduction de nouveaux vecteurs. Dans les États touchés, des zones de confinement ont été établies autour des foyers, et des campagnes d’abattage préventif sont en cours dans les élevages situés en zone de risque.
Les autorités sanitaires coordonnent également une campagne de sensibilisation auprès des éleveurs et du grand public. La consommation de volaille et d’œufs provenant de circuits contrôlés reste considérée comme sans danger, à condition que les produits soient bien cuits.
Suivi de la situation
La découverte de ce nouveau cas en Australie-Méridionale intervient alors que les scientifiques alertent sur le risque d’une installation durable du virus dans l’avifaune australienne. Des équipes de terrain effectuent des relevés quotidiens sur les plages et dans les réserves naturelles pour détecter précocement d’éventuels nouveaux foyers.
Les autorités n’ont pas encore communiqué de calendrier précis pour la levée des restrictions, qui dépendra de l’évolution de la situation épidémiologique dans les jours et semaines à venir.