Un retrait aux conséquences immédiates
Après que les autorités américaines ont interdit la commercialisation des nouveaux véhicules électriques de Polestar sur le territoire, le constructeur sino-suédois a pris la décision de cesser complètement ses activités aux États-Unis. Ce retrait brutal plonge les concessionnaires et les propriétaires de la marque dans une situation délicate. Selon plusieurs témoignages, les clients se retrouvent désormais sans possibilité de faire réparer leurs véhicules sous garantie, ni d’honorer les contrats de location en cours.
Propriétaires « laissés pour compte »
Des conducteurs américains ayant acheté ou loué une Polestar ces dernières années expriment leur colère et leur inquiétude. « Nous avons investi dans une voiture que nous pensions fiable et soutenue à long terme, et aujourd’hui nous sommes abandonnés », déclare un propriétaire interrogé. Les ateliers agréés ferment les uns après les autres, faute de pièces détachées et de mise à jour logicielles. Certains concessionnaires, qui avaient déjà commandé des stocks, dénoncent des pertes financières importantes et l’impossibilité de rembourser les acomptes versés par les clients.
Des questions juridiques en suspens
L’interdiction fédérale, prononcée en juin dernier pour des motifs liés aux origines chinoises de la coentreprise, visait les modèles Polestar 3 et Polestar 4. Polestar avait alors contesté la décision, mais sans succès. En réaction, la direction a choisi de se retirer du marché américain, invoquant l’impossibilité d’assurer un service après-vente viable. Les experts juridiques estiment que des recours collectifs pourraient être engagés par les clients lésés, notamment sur le fondement des clauses de garantie et de la protection des consommateurs.
Un précédent pour l’industrie électrique
Ce cas illustre les risques liés à la politisation du marché automobile électrique. Alors que les tensions commerciales entre Washington et Pékin se durcissent, d’autres constructeurs ayant des liens avec la Chine pourraient connaître un sort similaire. Polestar avait pourtant réalisé des investissements publicitaires et logistiques importants aux États-Unis, où la marque espérait s’imposer face à Tesla et aux nouveaux entrants. Aujourd’hui, ses employés américains sont également dans l’expectative, sans information claire sur d’éventuelles indemnités de départ.
Des concessionnaires en première ligne
Les revendeurs, qui avaient signé des contrats de franchise avec Polestar, se disent « trahis ». « Nous avons fidélisé une clientèle, formé des techniciens, et tout s’effondre du jour au lendemain », confie un concessionnaire. Certains tentent de négocier avec le constructeur pour obtenir des compensations, mais les discussions avancent peu. En attendant, les voitures invendues s’accumulent sur les parkings, sans acheteur possible.
Entre espoir et résignation
Pour les propriétaires, l’avenir est incertain. Ceux qui ont souscrit un crédit-bail se demandent s’ils peuvent résilier leur contrat sans pénalité. Polestar n’a pas encore communiqué officiellement sur les modalités de fin de service aux États-Unis. La direction, contactée par plusieurs médias, n’a pas répondu aux demandes de clarification. Les associations de consommateurs appellent à une intervention des autorités pour garantir les droits des clients.