L'avenir de Polestar sur le marché américain s'assombrit. Le constructeur automobile, détenu majoritairement par le groupe chinois Geely, a annoncé que le département américain du Commerce avait refusé l'autorisation qui lui aurait permis de continuer à commercialiser ses véhicules malgré une réglementation fédérale restreignant les technologies chinoises connectées. En conséquence, Polestar cessera la vente de ses nouveaux modèles aux États-Unis à partir de l'année-modèle 2027.

Cette réglementation, approuvée en janvier 2025 sous l'administration Biden, interdit l'importation et la vente de véhicules équipés de composants matériels et logiciels d'origine chinoise ou russe pour des raisons de sécurité nationale. Les autorités estiment que les caméras, microphones et systèmes GPS connectés des véhicules pourraient être exploités par des puissances étrangères. La secrétaire au Commerce de l'époque, Gina Raimondo, avait alors déclaré : « Il n'est pas difficile d'imaginer comment un adversaire étranger ayant accès à ces informations pourrait constituer un grave risque pour notre sécurité nationale et la vie privée des citoyens américains. »

Des concessionnaires pris au dépourvu

Matthew Haiken, propriétaire de la concession Polestar Short Hills dans le New Jersey et de trois autres établissements au sein du Prestige Collection Auto Group, a exprimé son désarroi. « C'est tellement regrettable », a-t-il confié. « C'est dur pour mes clients qui nous ont contactés, dur pour mon personnel. » Il a indiqué que les propriétaires des 32 concessions Polestar aux États-Unis avaient investi « plusieurs millions » dans la vente de ces véhicules et a qualifié la décision de « choc pour moi et tous les concessionnaires. »

Haiken a également critiqué la gestion de la situation par le constructeur. « Je suis très frustré par Polestar, au niveau mondial, estime-t-il. Je pense qu'ils ont vraiment manqué le coche, et je les tiens pour responsables. Je n'en veux pas au gouvernement. »

Un traitement différencié par rapport à Volvo

Volvo, autre filiale de Geely, a obtenu une autorisation similaire du département du Commerce en mars dernier, après des « discussions constructives » sur sa gouvernance, sa technologie et sa sécurité des données. Polestar, interrogé sur cette différence de traitement, a indiqué ne pas pouvoir commenter l'application de la législation à d'autres constructeurs.

Les stocks existants encore disponibles

Polestar a précisé que ses concessions américaines pourront continuer à écouler les stocks existants des modèles Polestar 3 et Polestar 4. La marque n'a pas donné plus de détails sur l'avenir de sa présence aux États-Unis au-delà de cette échéance. Le département du Commerce n'a pas répondu aux demandes d'éclaircissements.

Cette interdiction intervient dans un contexte déjà mouvementé pour le marché américain des véhicules électriques, marqué par des fluctuations de la demande, des évolutions des crédits d'impôt fédéraux et un changement d'attitude des consommateurs vis-à-vis de certaines marques. Pour Polestar et ses concessionnaires, la fin de la commercialisation des nouveaux modèles à partir de 2027 représente un tournant majeur.