L'établissement scolaire Notre-Dame de Bétharram, situé dans les Pyrénées-Atlantiques et secoué par des révélations de violences physiques et sexuelles survenues pendant plusieurs décennies, fermera définitivement ses portes à la fin de l'été. Les élèves actuellement inscrits seront transférés vers un autre site à la rentrée, ont indiqué les responsables de l'établissement.
Cette décision met un terme à l'activité de cette institution privée catholique, qui avait déjà vu sa réputation gravement entachée par les témoignages d'anciens élèves dénonçant des faits de violences et d'agressions sexuelles présumés. L'onde de choc provoquée par ces révélations avait conduit à l'ouverture d'une enquête judiciaire et à une large couverture médiatique.
Un transfert organisé pour les élèves
Les familles des élèves ont été informées ces derniers jours des modalités de la réorganisation. Selon les informations communiquées, les élèves seront redirigés vers un autre établissement, qui devrait pouvoir les accueillir dans des conditions similaires. Les autorités académiques travaillent en lien avec la direction de Bétharram pour assurer une transition la plus fluide possible. "L'objectif est de garantir la continuité pédagogique et le bien-être des jeunes", a précisé un porte-parole de l'inspection académique.
Le contexte du scandale
Depuis plusieurs mois, l'affaire Bétharram a suscité une vive émotion dans l'opinion publique. Plusieurs centaines d'anciens élèves ont témoigné de violences physiques et de violences sexuelles qu'ils auraient subies au sein de l'établissement entre les années 1950 et les années 2010. Des plaintes ont été déposées, et la justice a ouvert une information judiciaire pour des faits de violences, d'agressions sexuelles et de viols, notamment sur mineurs.
L'affaire a également pris une dimension politique lorsque le nom du Premier ministre, François Bayrou, a été évoqué – celui-ci ayant enseigné dans cet établissement dans les années 1970. Il a toujours nié avoir eu connaissance de ces violences. La procédure judiciaire suit son cours.
Une décision sans précédent
La fermeture de Bétharram constitue un dénouement sans précédent dans ce type d'affaires. Rarement un établissement scolaire mis en cause pour des violences de masse avait été contraint de cesser son activité. Cette décision, saluée par les associations de victimes, intervient alors que plusieurs anciens responsables de l'établissement sont également mis en cause dans l'enquête.
"C'est une étape importante, mais elle ne doit pas faire oublier la nécessaire reconnaissance de la souffrance des victimes", a déclaré l'un des avocats des parties civiles. De leur côté, les représentants de la congrégation religieuse gestionnaire ont indiqué "prendre acte" de cette fermeture, tout en exprimant leur souhait de voir la justice faire toute la lumière sur ces faits.
La question de la réaffectation des bâtiments et des personnels reste en suspens. Les autorités locales ont évoqué une possible reconversion du site.