Le projet cinématographique sur Sam Altman, longtemps suspendu, rebondit. Le studio indépendant Neon a acquis les droits de « Artificial », un long-métrage consacré au dirigeant d'OpenAI et à son ascension controversée, après que le géant du streaming Amazon y a renoncé.
L'achat, conclu ces derniers jours, offre une seconde vie à une production dont le budget atteignait 40 millions de dollars. Mis en scène par Luca Guadagnino, le film met en vedette Andrew Garfield dans le rôle de Sam Altman et Ike Barinholtz dans celui d'Elon Musk. La sortie est prévue pour la fin de l'année, selon des personnes informées des discussions.
Amazon avait donné son feu vert au projet en 2023 et organisé des projections tests au printemps dernier. La plateforme s'apprêtait à annoncer une présentation au festival SXSW en avril prochain. Mais en juin, elle a brusquement décidé de se séparer du film, invoquant le fait qu'« il serait mieux servi s'il était diffusé par un autre studio ».
Le revirement d'Amazon coïncide avec l'annonce d'un investissement de 50 milliards de dollars dans OpenAI au début de l'année. Des liens financiers croissants entre le groupe technologique et la société d'Altman ont alimenté les spéculations sur un conflit d'intérêts vis-à-vis de la poursuite du projet. Les responsables d'Amazon n'ont pas commenté ce lien direct.
La décision avait stupéfié l'équipe du film, qui bénéficiait jusqu'alors d'un soutien constant du studio. La reprise par Neon, un distributeur réputé pour son catalogue exigeant, permet au projet d'éviter l'abandon pur et simple. Les modalités financières de la transaction n'ont pas été divulguées.
« Artificial » s'intéresse aux années de formation de Sam Altman, à ses succès précoces dans la Silicon Valley et à sa gestion mouvementée d'OpenAI, entre licenciements retentissants et luttes de pouvoir. La production avait déjà attiré l'attention par son casting prestigieux et le choix d'un réalisateur oscarisé.
Luca Guadagnino, connu pour « Call Me by Your Name » et « Challengers », n'a pas commenté publiquement l'acquisition par Neon. Mais l'annonce de la reprise laisse présager une campagne promotionnelle intense avant une sortie en salles, puis probablement en streaming sur une plateforme partenaire.
L'affaire illustre les tensions croissantes entre les géants de la tech et l'industrie cinématographique, alors que les investissements dans l'intelligence artificielle redessinent les alliances. Reste à savoir si le public suivra ce portrait d'un homme au cœur de l'une des entreprises les plus controversées de la planète.