L'établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram, situé à Lestelle-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), va fermer définitivement ses portes à l'issue de l'année scolaire 2025-2026. La direction a officialisé cette décision lundi 30 juin, mettant fin à plusieurs mois d'incertitude liés à la grave crise que traverse l'institution.

Plongé depuis des mois au cœur d'un retentissant scandale de violences physiques et sexuelles, l'établissement n'a pas été en mesure de poursuivre son activité dans des conditions sereines. Les révélations, qui ont donné lieu à des plaintes d'anciens élèves et à une enquête judiciaire, ont profondément entaché la réputation de l'école, rendant son maintien impossible selon les responsables.

Les 380 élèves actuellement scolarisés ne se retrouveront cependant pas sans solution. La direction a annoncé qu'ils seront accueillis à la rentrée 2026 par le collège-lycée Saint-Joseph d'Ustaritz, également situé dans les Pyrénées-Atlantiques. Le transfert a été organisé avec l'accord de cet autre établissement privé, qui se dit prêt à absorber les effectifs et à assurer la continuité pédagogique dans un cadre apaisé.

Cette fermeture marque un tournant dans une affaire qui a secoué le monde éducatif français. L'institution, tenue par des congrégations religieuses, était sous le feu des projecteurs depuis la multiplication des témoignages dénonçant des sévices commis sur plusieurs décennies. Les investigations, toujours en cours, visent d'anciens membres du personnel et des responsables de l'époque, qui auraient couvert ou minimisé les faits.

Pour les familles, la décision suscite un sentiment mêlé. Si certaines saluent la reconnaissance de la gravité des faits et la volonté de tourner la page, d'autres s'inquiètent des conditions de réintégration et de l'impact psychologique sur les élèves. Le personnel de l'établissement, lui, doit faire face à une situation professionnelle incertaine, même si la direction a affirmé que des solutions de reclassement seraient proposées.

Le diocèse de Bayonne, dont relève l'établissement, n'a pas officiellement commenté l'annonce. Toutefois, la perspective d'une fermeture était évoquée depuis plusieurs semaines, alors que les inscriptions pour la rentrée suivante s'étaient effondrées. Le collège-lycée Saint-Joseph d'Ustaritz, qui accueillera les élèves déplacés, a indiqué que des rencontres avec les familles seraient organisées dans les prochains jours pour préparer la transition.

L'affaire Notre-Dame-de-Bétharram a également eu des répercussions politiques, plusieurs responsables ayant été interrogés sur d'éventuels manquements dans le signalement des violences. Cette dimension a contribué à faire de ce dossier un symbole des défaillances dans la protection de l'enfance en milieu scolaire. La fermeture de l'établissement intervient alors que le gouvernement a annoncé un plan de lutte contre les violences dans les établissements scolaires, bien que ce plan ne soit pas directement lié au cas bétharramais.

Avec cette décision radicale, c'est une page qui se tourne pour l'un des plus anciens pensionnats catholiques de la région, dont les origines remontent au XIXe siècle. L'avenir du site de Lestelle-Bétharram reste pour l'instant inconnu, la direction n'ayant communiqué aucun projet pour les locaux après la fermeture.