Meta a tenté de se rapprocher de l'univers des marchés prédictifs par la voie de l'acquisition avant de se lancer dans le développement de sa propre solution. Le géant des réseaux sociaux a mené des discussions approfondies en vue de racheter Kalshi, une plateforme spécialisée dans les paris sur l'actualité et les événements politiques. Les négociations, qui ont impliqué le directeur général de Meta, Mark Zuckerberg, et le dirigeant de Kalshi, n'ont finalement pas abouti, selon des sources proches du dossier.

Une rencontre au sommet

Zuckerberg a rencontré le PDG de Kalshi l'année dernière pour évoquer les contours d'un accord potentiel. À l'époque, Meta cherchait à s'implanter dans le secteur en pleine expansion des marchés de prédiction, où les utilisateurs misent sur l'issue d'événements réels, allant des élections aux résultats sportifs. Mais les tractations n'ont pas progressé au-delà des premiers échanges, et le dossier a été abandonné pour des raisons qui n'ont pas été précisées.

Un virage vers le développement interne

Face à l'échec de cette tentative de rachat, Meta a réorienté sa stratégie. L'entreprise a décidé de bâtir sa propre application de paris prédictifs, qu'elle développe actuellement en interne. Cette nouvelle plateforme vise à concurrencer des acteurs établis, mais aussi à offrir une alternative plus intégrée à son écosystème. Le groupe n'a pas encore communiqué officiellement sur ce projet, mais les travaux avancés suggèrent un lancement prochain.

Les marchés prédictifs connaissent un regain d'intérêt, porté par des plateformes comme Polymarket et Kalshi, qui permettent aux utilisateurs de spéculer sur des événements en temps réel. L'irruption de Meta dans ce domaine pourrait bouleverser le paysage, compte tenu de sa base d'utilisateurs massive et de sa maîtrise des technologies de données. Toutefois, le secteur est soumis à une vigilance réglementaire accrue, en particulier aux États-Unis, où le statut juridique des paris prédictifs fait débat.

Pour Meta, le développement d'une application maison présente plusieurs avantages : maîtrise totale du produit, absence de dépendance vis-à-vis d'un partenaire externe, et possibilité d'intégration avec ses autres services comme Facebook, Instagram ou WhatsApp. L'entreprise pourrait ainsi capter l'engagement des utilisateurs autour de l'actualité et des événements marquants, tout en générant de nouvelles sources de revenus.

La tentative d'acquisition avortée de Kalshi révèle l'ampleur des ambitions de Meta dans ce secteur. En choisissant de construire plutôt que d'acheter, le groupe prend toutefois le risque d'un lancement plus lent et d'une concurrence féroce avec des acteurs déjà bien implantés. Reste à savoir quelle forme prendra l'application finale et si elle proposera des mises en argent réel ou une monnaie virtuelle. Les précédentes informations laissaient entendre que Meta pourrait opter pour des paris sans mise financière réelle, afin de contourner certaines contraintes réglementaires.

Par ailleurs, le fait que Zuckerberg se soit personnellement impliqué dans les discussions avec Kalshi témoigne de l'importance stratégique de ce projet pour le groupe. Le patron de Meta a multiplié les initiatives dans les technologies émergentes, du métavers à l'intelligence artificielle, et les marchés prédictifs pourraient constituer le prochain axe de diversification.