L'enquête publique sur le décès de Maddy Cusack, joueuse de Sheffield United retrouvée inconsciente à son domicile de Horsley (Derbyshire) le 20 septembre 2023 et déclarée morte le même jour, a mis en lumière les craintes de la jeune femme concernant la stigmatisation liée à la santé mentale. Devant le tribunal du coroner de Chesterfield, son père, David Cusack, a déclaré que sa fille, âgée de 27 ans, « avait peur d'être stigmatisée et ridiculisée » si elle révélait ses difficultés psychologiques. Il a précisé que la famille pensait qu'elle était « déprimée, mais pas suicidaire ».

Des tensions avec l'entraîneur Jonathan Morgan

Les témoignages recueillis lors des audiences ont mis en cause le comportement de Jonathan Morgan, entraîneur de l'équipe féminine de Sheffield United. Selon Grace Riglar, compagne de Maddy Cusack et également joueuse du club, Morgan traitait la défunte de « psycho » depuis la ligne de touche lorsqu'elle évoluait sous ses ordres à Leicester City. Riglar a indiqué que ces remarques affectaient profondément sa compagne, même si elle ne les montrait pas ouvertement. « Je pense qu'elle n'a jamais laissé personne voir que ce genre de commentaires l'atteignait, mais c'était le cas, et ils la mettaient mal à l'aise », a-t-elle confié.

L'entraîneur aurait également fait des commentaires sur le poids de Maddy Cusack. Riglar a raconté que ces propos avaient conduit la joueuse à modifier ses habitudes alimentaires : elle avait cessé de consommer des glucides, sautait le petit-déjeuner et ajoutait des séances de course supplémentaires après les entraînements, alors qu'elle était « l'une des joueuses les plus en forme de l'équipe ».

Un retour redouté

David Cusack a expliqué que sa fille avait été « consternée » d'apprendre que Jonathan Morgan rejoignait Sheffield United en février 2023. Elle avait déjà eu une expérience difficile avec lui à Leicester City, où elle estimait avoir souffert d'un « choc de personnalités ». Après avoir quitté Leicester en 2019, elle était « si heureuse » et « aimait la vie » en jouant à temps partiel pour Sheffield United tout en travaillant à plein temps dans l'équipe marketing du club. Son père l'a décrite comme étant « la plus heureuse qu'elle ait jamais été » le Noël précédant son décès.

Un contrat source d'angoisse

L'enquête a également révélé que le nouveau contrat proposé en juin 2023 pour un poste à temps plein à Sheffield United avait accentué le mal-être de la jeune femme. Ce contrat réduisait son temps de travail marketing et, en définitive, son salaire. David Cusack a qualifié ce contrat de « pire chose qui aurait pu arriver », ajoutant que sa fille était « anxieuse, inquiète de la manière dont elle allait pouvoir concilier les deux rôles ». Elle travaillait souvent sept jours sur sept, cumulant entraînements, matchs et obligations marketing. « Elle a perdu sa joie de vivre », a-t-il déclaré.

Absence de soutien psychologique

Il est apparu que Sheffield United n'avait proposé aucune psychothérapie ni aucun accompagnement psychologique à la joueuse. Un certificat médical lui avait été délivré pour un arrêt de travail, et elle prenait des médicaments prescrits.

Des « jeux d'esprit » dénoncés

Grace Riglar a encore rapporté que Morgan faisait des remarques sur sa relation avec Maddy Cusack, l'appelant « Mme Cusack » devant d'autres joueuses, ce que la défunte trouvait « inconfortable ». Selon elle, Morgan aurait également « joué avec son esprit » en la faisant passer du statut de titulaire à celui de remplaçante de manière irrégulière, ce que Maddy Cusack percevait comme « une attaque personnelle ». « Elle avait l'impression que ces petites choses étaient intentionnelles », a témoigné Riglar.

L'audience se poursuit devant le coroner du Derbyshire. Jonathan Morgan, qui assure sa propre défense, a interrogé David Cusack pour savoir s'il était au courant que sa fille avait quitté Leicester à cause d'une blessure. Le père a maintenu que c'était avant tout un problème relationnel.