Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président Jacques Chirac et personnalité marquante de la scène politique française, est morte à l’âge de 93 ans. Sa disparition a été annoncée ce samedi 6 juin 2026. Elle avait été première dame de France durant les deux mandats de son époux, de 1995 à 2007, et avait su se forger une réputation de femme d’influence à la volonté de fer.
Née Bernadette Chodron de Courcel, elle avait épousé Jacques Chirac en 1956. Pendant plus de quatre décennies, elle fut une actrice de l’ombre de la vie publique, apportant un soutien sans faille à la carrière de son mari, qui occupa les fonctions de Premier ministre à deux reprises, de maire de Paris pendant dix-huit ans avant d’accéder à la présidence de la République. Elle décrivit plus tard leurs 63 années de vie commune comme « une longue leçon d’endurance », une allusion aux infidélités notoires de Jacques Chirac, qu’elle tolérait avec un humour mordant.
Un ancrage local et un engagement caritatif
Si Bernadette Chirac s’était d’abord montrée discrète, elle avait néanmoins bâti son propre réseau politique. Son fief était la Corrèze, département rural du centre de la France où le couple possédait une circonscription électorale. Après le retrait de Jacques Chirac de la vie politique en 2007, elle avait pris le relais en devenant conseillère départementale, affirmant : « Mon mari ne fait plus de politique, mais moi j’en fais. » Elle continua à fréquenter les dîners mondains et les événements de la société parisienne, répondant avec humour lorsqu’on s’enquérait de son époux : « Il va bien. »
Au-delà de son rôle politique, elle consacra une grande partie de son énergie à une association pour enfants hospitalisés, qu’elle transforma en institution nationale. Cette œuvre caritative, souvent liée à l’hôpital Necker à Paris, devint l’un de ses héritages les plus visibles, lui valant une reconnaissance populaire.
Une personnalité tranchante
Connue pour son franc-parler et son apparence soignée, Bernadette Chirac cultivait une image de femme déterminée, contrastant avec la bonhomie de son mari. Elle n’hésitait pas à intervenir dans les arbitrages politiques, et les observateurs soulignaient son rôle de conseillère discrète mais écoutée. Elle fut aussi l’une des premières épouses de président à s’investir pleinement dans des actions sociales, anticipant l’évolution du rôle de première dame en France.
La nouvelle de son décès a suscité de nombreuses réactions dans la classe politique française. Plusieurs responsables ont salué sa mémoire, évoquant une femme « d’une discrète force » et « au service des autres ». Les hommages soulignent son attachement à la Corrèze, son travail pour les enfants malades et sa loyauté indéfectible envers Jacques Chirac, décédé en 2019.
Bernadette Chirac laisse le souvenir d’une personnalité complexe, à la fois pilier de l’ombre d’un président et femme publique à part entière, qui aura marqué la vie politique française par sa constance et son engagement.