Le conseil d'administration de BP a officialisé sa décision de confier une nouvelle fois à Dame Amanda Blanc la mission de recruter le prochain président du groupe. Cette annonce intervient moins d'une semaine après la démission surprise d'Albert Manifold, qui n'aura occupé le poste que durant quelques mois.
Certains actionnaires de la major pétrolière britannique s'étaient interrogés sur l'opportunité de voir la même dirigeante superviser une seconde campagne de recrutement, en raison des circonstances entourant le départ de son prédécesseur. Des voix s'étaient élevées dans la communauté financière pour exprimer leur malaise face à cette situation.
Une procédure réitérée
Amanda Blanc, qui exerce également les fonctions de directrice générale de l'assureur Aviva, avait déjà présidé le comité de recherche ayant abouti à l'arrivée d'Albert Manifold en juillet 2025. Ce dernier avait succédé à Helge Lund, lequel avait passé près d'une décennie à la tête du conseil.
Le président par intérim de BP, Ian Tyler, a précisé que la démarche serait menée avec rigueur. « À la demande du conseil, Amanda Blanc dirigera le processus de recherche du prochain président de BP », a-t-il déclaré. « Comme lors des précédentes recherches, il s'agira d'une procédure rigoureuse impliquant l'ensemble du conseil d'administration, et la décision finale reflétera notre avis collectif. »
Un contexte troublé
La succession expresse d'Albert Manifold plonge BP dans une nouvelle période d'incertitude au sommet de sa gouvernance. L'ancien président avait quitté ses fonctions après des tensions internes, sans que les détails de son différend avec certains administrateurs aient été rendus publics. Il avait lui-même dénoncé des « mensonges » à propos de sa conduite, sans apporter davantage de précisions.
Ce climat de défiance a nourri les réserves de certains investisseurs quant au rôle central joué par Amanda Blanc dans le choix du futur président. Plusieurs d'entre eux estiment que la même personne ne devrait pas orchestrer deux mandats de recherche consécutifs, surtout après l'échec du précédent.
Un enjeu de crédibilité
Pour BP, l'enjeu est de taille : il s'agit de restaurer la confiance des marchés et de montrer que le conseil d'administration est capable de gérer ses propres affaires de manière transparente. La nomination d'un nouveau président, dont le profil devra être acceptable pour l'ensemble des parties prenantes, constituera un test majeur pour la gouvernance du groupe.
La démarche pourrait également peser sur la réputation d'Amanda Blanc elle-même, qui cumule des responsabilités de premier plan dans le secteur financier et dans l'industrie pétrolière. Son expérience et sa connaissance des rouages de BP sont toutefois considérées comme des atouts par une partie des administrateurs.
Des précédents qui interrogent
Le précédent processus de sélection, qui avait abouti à l'élection d'Albert Manifold, avait déjà été marqué par des débats internes. Certains membres du conseil avaient exprimé des réserves sur le profil retenu, mais la candidature avait finalement été approuvée à la majorité. Le départ soudain de l'intéressé relance les interrogations sur la méthode employée.
BP n'a pas communiqué de calendrier précis pour la nomination de son nouveau président. Le groupe a indiqué que la recherche serait menée de manière exhaustive, en tenant compte des compétences et de l'indépendance nécessaires à la fonction. Le conseil d'administration devrait se réunir prochainement pour définir le cahier des charges.