Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu ce mercredi à Matignon une délégation du Mouvement des entreprises de France (Medef) afin de préciser les orientations du prochain budget de l’État. Cette réunion s’inscrit dans la phase finale de l’élaboration du projet de loi de finances pour 2027, alors que le gouvernement tente de concilier des demandes ministérielles estimées à environ 30 milliards d’euros avec une contrainte de redressement des comptes publics.
L’entretien, qui s’est tenu dans le cadre des consultations préparatoires, visait à confronter les hypothèses macroéconomiques retenues par Bercy aux attentes des chefs d’entreprise. Le chef du gouvernement a réaffirmé sa volonté de ne retenir que des propositions « réalistes », un terme qu’il avait déjà employé publiquement ces dernières semaines pour cadrer ses ministres. Les échanges ont notamment porté sur les allègements de charges, les mesures de soutien à l’investissement et la trajectoire de réduction de la dépense publique.
Un calendrier budgétaire sous tension
Cette réunion intervient dans un contexte marqué par l’avertissement récent de la Cour des comptes. Dans une note rendue publique le 25 juin, l’institution a qualifié l’année 2026 d’« année à risque » sur le plan budgétaire, en raison de l’incertitude entourant la soutenabilité de la dette et l’évolution des déficits. Les magistrats financiers ont souligné que les marges de manœuvre de l’exécutif sont « très réduites » et que tout écart pourrait compromettre les objectifs de retour sous la barre des 3 % de déficit public.
Pour Sébastien Lecornu, ce diagnostic renforce la nécessité de calibrer avec précision les arbitrages à rendre d’ici la fin de l’été. Le Premier ministre a indiqué aux représentants du Medef que le projet de loi de finances 2027 devra impérativement s’inscrire dans une trajectoire de consolidation, sans pour autant freiner la croissance économique. Les échanges ont permis d’évoquer les pistes de réforme structurelle, notamment en matière de fiscalité des entreprises et de simplification administrative.
Les positions du patronat
La délégation du Medef, conduite par sa présidente, a plaidé pour une stabilisation des prélèvements obligatoires et une accélération des baisses de cotisations déjà programmées. Les chefs d’entreprise ont également insisté sur la nécessité de maintenir les aides à l’apprentissage et de ne pas durcir les conditions d’accès au crédit d’impôt recherche. En retour, ils se sont dits prêts à contribuer à l’effort de maîtrise des dépenses publiques par une amélioration de la compétitivité.
De source proche de l’exécutif, le Premier ministre a pris note de ces demandes sans s’engager sur des mesures spécifiques, renvoyant les arbitrages définitifs à la réunion du Conseil des ministres de septembre. Il a toutefois laissé entendre que le budget 2027 ne pourrait pas satisfaire l’intégralité des revendications patronales, compte tenu de l’état des finances publiques.
Vers une présentation en septembre
Le projet de loi de finances 2027, qui sera présenté en Conseil des ministres à l’automne, devra être voté par le Parlement avant la fin de l’année. Ce calendrier serré laisse peu de marge pour des négociations approfondies avec les partenaires sociaux, alors que les discussions sur le budget 2026 ont déjà suscité des tensions au sein de la majorité.
En réunissant le Medef à ce stade, Sébastien Lecornu cherche à sécuriser le soutien du monde économique à sa feuille de route, tout en préparant le terrain pour les échéances électorales de 2027. La réunion de ce jour marque une étape supplémentaire dans la recherche d’un équilibre entre rigueur budgétaire et soutien à l’activité, dans un environnement financier que la Cour des comptes juge « particulièrement fragile ».