Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a prévenu que le prochain budget serait « très difficile », alors que le gouvernement multiplie les consultations pour tenter de maîtriser le déficit public. Dans ce contexte, Sébastien Lecornu, ministre des Comptes publics, a réuni plusieurs représentants du Medef à Matignon afin d’échanger sur les orientations du budget 2027 et d’affiner les arbitrages dans un esprit de « réalisme ». Cette rencontre s’inscrit dans une série de discussions avec les partenaires sociaux et les acteurs économiques, alors que Bercy cherche à concilier l’assainissement des finances publiques et la nécessité de ne pas freiner la croissance.

L’inflation, qui avait amorcé une accélération ces derniers mois, suscite une inquiétude croissante au sein de l’exécutif. Plusieurs sources gouvernementales indiquent que la hausse des prix pourrait compliquer davantage l’équation budgétaire, en renchérissant le coût de la dette et en réduisant les marges de manœuvre. Roland Lescure a ainsi évoqué un contexte « très difficile » pour l’élaboration du prochain budget, estimant que le gouvernement devra faire preuve « d’une grande rigueur ».

Des consultations élargies pour un budget sous tension

Sébastien Lecornu a convié les dirigeants du Medef à une réunion de travail à Matignon, destinée à recueillir leurs propositions et à discuter des priorités d’investissement. Le ministre a insisté sur la nécessité de privilégier des mesures « réalistes », c’est-à-dire financièrement soutenables tout en étant favorables à l’activité. Les échanges ont notamment porté sur les allégements de charges, le soutien à l’innovation et la fiscalité des entreprises. Le Medef a plaidé pour une stabilisation des dépenses publiques et une baisse ciblée des impôts, tout en reconnaissant la contrainte budgétaire.

Parallèlement à ces discussions, le gouvernement a adressé un courrier aux différents ministères leur demandant de chiffrer précisément leurs besoins pour 2027. Selon des informations concordantes, les demandes cumulées dépasseraient les 30 milliards d’euros, un montant jugé irréaliste par Bercy. Sébastien Lecornu a déjà recadré plusieurs de ses collègues, leur enjoignant de présenter des propositions compatibles avec l’objectif de réduction du déficit, fixé à 3 % du PIB en 2027.

Un déficit sous surveillance

Le retour de l’inflation, après une période d’accalmie, complique les prévisions macroéconomiques. La hausse des prix de l’énergie et des matières premières alimente les craintes d’une dérive des comptes publics, alors que l’État doit déjà faire face à des charges d’intérêt croissantes. Roland Lescure a rappelé que le gouvernement restait « déterminé à respecter la trajectoire de finances publiques » fixée par le Haut Conseil des finances publiques, mais que cela nécessiterait « des choix douloureux ».

Les échanges avec le Medef illustrent la volonté de l’exécutif de préparer le terrain avant les arbitrages définitifs, attendus à l’automne. Les organisations patronales ont été invitées à transmettre leurs propositions écrites d’ici la fin du mois. Le gouvernement prévoit de présenter le projet de loi de finances pour 2027 en septembre, après une série de réunions interministérielles.

Entre rigueur et relance

La difficulté pour l’exécutif sera de concilier la nécessaire consolidation budgétaire avec le soutien à l’économie, alors que la croissance reste modérée. Les entreprises réclament une baisse des impôts de production et une simplification administrative, tandis que Bercy insiste sur la nécessité de réduire la dépense publique. Sébastien Lecornu a indiqué que le budget 2027 serait élaboré « sans tabou », mais avec « un réalisme absolu » sur les marges de manœuvre disponibles.

Les prochaines semaines devraient être marquées par d’autres réunions avec les syndicats de salariés et les collectivités locales, afin d’affiner les arbitrages. Le gouvernement mise sur une approche pragmatique, loin des annonces électoralistes, pour tenter de rassurer les marchés financiers et les institutions européennes.