Les travaux de la commission mixte paritaire (CMP) ont abouti, ce mardi 23 juin, à un accord entre les représentants de l'Assemblée nationale et du Sénat sur la révision de la loi de programmation militaire (LPM) couvrant la période 2024-2030. Cet accord entérine une augmentation de 36 milliards d'euros du budget alloué aux armées sur les cinq prochaines années, un montant qui était proposé par l'exécutif pour répondre à l'aggravation des tensions internationales.

Concrètement, le budget annuel de la Défense, hors pensions, doit grimper de 50 milliards d'euros l'an dernier à 76 milliards d'euros en 2030. Les fonds supplémentaires seront consacrés à l'accélération des programmes d'équipement et au recrutement d'environ 10 000 soldats supplémentaires, afin de renforcer les capacités opérationnelles françaises dans un environnement stratégique jugé de plus en plus instable.

Les négociations ont été longues mais finalement conclues

La CMP, qui réunissait députés et sénateurs, a siégé pendant plus de quatre heures avant de parvenir à un texte de compromis. Le Rassemblement national a choisi de s'abstenir lors du vote final au sein de la commission. Ce feu vert des parlementaires était attendu depuis plusieurs semaines, après des débats nourris sur le financement de cette enveloppe supplémentaire et son impact sur les finances publiques.

L'urgence d'une telle réévaluation budgétaire avait été martelée à plusieurs reprises par les autorités militaires. Le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, avait ainsi déclaré devant les députés au mois d'avril que le scénario d'une «guerre ouverte» avec la Russie constituait sa «préoccupation première en termes de préparation des armées». Cette déclaration avait contribué à recentrer le débat sur la nécessité de doter la France de moyens supplémentaires face à une menace jugée crédible à moyen terme.

Un vote solennel prévu le 1er juillet

Le texte issu de la CMP doit désormais être soumis au vote solennel de l'Assemblée nationale et du Sénat, programmé le 1er juillet prochain. Si, comme attendu, il est adopté, cette actualisation de la loi de programmation militaire donnera au ministère des Armées une visibilité budgétaire renforcée pour les années à venir, lui permettant d'engager des commandes majeures et de planifier la montée en puissance des effectifs.

Cette hausse de 36 milliards d'euros s'inscrit dans un contexte de durcissement de la compétition stratégique mondiale, marqué par la guerre en Ukraine et les ambitions militaires croissantes de plusieurs puissances. Pour le gouvernement, il s'agit de maintenir la crédibilité de la dissuasion française et de garantir la capacité des armées à faire face à des engagements de haute intensité.