L’Observatoire des inégalités a publié le 2 juin son quatrième « Rapport sur les riches en France », brossant le portrait des Français les plus aisés. Selon l’étude, le seuil d’entrée dans la catégorie des « riches » se situe à 4 300 euros nets par mois pour une personne seule après impôt. Ce chiffre, qui vaut pour 2026, place le curseur bien au-dessus du revenu médian, mais loin des fortunes médiatisées.
Un groupe de 4,8 millions de personnes
L’étude identifie 4,8 millions de personnes appartenant à ce groupe, soit environ 7,5 % de la population. Ce périmètre inclut à la fois des hauts salaires, des indépendants prospères et des ménages disposant d’un patrimoine important. L’objectif est de dépasser la vision réductrice qui assimile la richesse à une poignée de milliardaires.
Les cadres surreprésentés
Parmi les profils types, les cadres et professions intellectuelles supérieures constituent la catégorie socioprofessionnelle la plus représentée. Ils forment près de la moitié des individus les plus aisés. Les chefs d’entreprise et les professions libérales sont également nombreux, mais leur poids relatif reste inférieur à celui des cadres salariés.
Une majorité de quinquagénaires
L’âge joue un rôle déterminant. La tranche d’âge des 50-64 ans est la plus représentée dans le groupe des hauts revenus. Les quinquagénaires cumulent souvent une carrière avancée, un patrimoine constitué et des revenus en hausse. À l’inverse, les moins de 30 ans sont quasi absents de cette catégorie, sauf exceptions liées à des héritages ou à des réussites entrepreneuriales précoces.
Paris et l’Île-de-France en tête
Géographiquement, la concentration des plus aisés reste très marquée à Paris et dans sa région. L’Île-de-France abrite une part disproportionnée de ce groupe, en raison de la présence de sièges sociaux, de secteurs à haute valeur ajoutée et de marchés de l’emploi très rémunérateurs. Les métropoles régionales comme Lyon, Toulouse ou Bordeaux suivent loin derrière.
Des ménages aux profils variés
L’étude note que la richesse ne se résume pas au seul revenu du travail. Le patrimoine immobilier et financier joue un rôle clé. Ainsi, des retraités disposant de pensions élevées et d’un patrimoine conséquent figurent aussi parmi les 4,8 millions de personnes. Le rapport souligne la diversité des situations : si certains cumulent salaire et patrimoine, d’autres doivent leur statut principalement à un héritage ou à une plus-value immobilière.
Un seuil qui évolue avec l’inflation
Le seuil de 4 300 euros nets mensuels est actualisé chaque année pour tenir compte de l’inflation. En 2024, le seuil était légèrement inférieur. L’Observatoire des inégalités précise que ce chiffre correspond à « deux fois le niveau de vie médian », soit un indicateur stable dans le temps. Pour un couple sans enfant, le seuil est porté à environ 6 450 euros nets par mois.
Un rapport pour déconstruire les idées reçues
En publiant ces données, l’Observatoire des inégalités entend combattre l’image stéréotypée du « riche » comme une personne déconnectée de la réalité. L’étude montre que la plupart des personnes aisées travaillent, habitent en ville et ont un parcours professionnel classique. L’objectif est d’alimenter le débat public sur la fiscalité, les inégalités et les politiques de redistribution.
Des implications pour le débat politique
Ces chiffres interviennent dans un contexte de discussions sur la réforme de l’impôt sur le revenu et sur l’éventuel rétablissement d’un impôt sur la fortune. Le portrait des Français les plus aisés fourni par le rapport pourrait éclairer les choix des décideurs quant aux seuils d’imposition et aux mesures ciblant les hauts revenus.