L'Observatoire des inégalités a dévoilé ce 2 juin 2026 la quatrième édition de son rapport sur les riches en France. Cet organisme indépendant, qui compile des données statistiques officielles, y dresse un portrait des 4,8 millions de Français les plus aisés, soit environ 7,5 % de la population.
Le rapport fixe le seuil de richesse en termes de revenus à 4 292 euros nets mensuels après impôts pour une personne seule. Pour un couple sans enfant, ce seuil est porté à 6 438 euros par mois. Ces chiffres, issus de l'analyse des données fiscales, permettent de délimiter la frange la plus fortunée de la société.
Un profil type : cadre, quinquagénaire et francilien
Le portrait-robot du riche en France se précise. Il s'agit majoritairement de cadres supérieurs, âgés de 50 à 59 ans, résidant en région parisienne. Paris et sa périphérie concentrent en effet une proportion élevée des ménages les plus aisés, en raison notamment des salaires élevés et des prix de l'immobilier.
Les professions libérales, les chefs d'entreprise et les hauts fonctionnaires figurent également en bonne place parmi les catégories socio-professionnelles les mieux représentées. L'étude souligne que l'âge joue un rôle clé : c'est dans la tranche des quinquagénaires que la part des hauts revenus est la plus forte, reflet d'une carrière arrivée à maturité.
Patrimoine : 3,4 millions de ménages au-dessus de 840 000 euros
Le rapport ne se limite pas aux revenus. Il s'intéresse aussi au patrimoine, qui constitue un marqueur essentiel de la richesse. Selon l'Observatoire, 3,4 millions de ménages possèdent un patrimoine brut supérieur à 840 000 euros. Ce montant inclut l'immobilier, l'épargne financière et les biens professionnels. L'accumulation patrimoniale est particulièrement marquée dans les tranches d'âge les plus élevées, où l'héritage et la transmission jouent un rôle important.
Une approche par seuils et par typologies
L'association, qui se veut un outil de référence pour le débat public, détaille plusieurs catégories de richesse. Au-delà du seuil d'entrée à 4 292 euros mensuels, elle distingue les « très riches » (à partir de 7 000 euros par mois) et les « millionnaires » en revenus annuels. Cette gradation permet de nuancer le portrait d'une population souvent perçue comme homogène.
L'Observatoire insiste sur le fait que ces seuils sont calculés après impôts et prestations sociales, afin de refléter le niveau de vie réel. La publication intervient dans un contexte de débat récurrent sur la fiscalité des hauts revenus et la répartition des richesses.
Un rapport qui suscite des interprétations variées
Plusieurs économistes et responsables politiques ont réagi à la publication, saluant un travail de clarification statistique tout en en discutant les implications. Certains estiment que le seuil de 4 292 euros est trop bas pour qualifier une personne de « riche », tandis que d'autres y voient un outil utile pour mesurer les inégalités. L'Observatoire défend sa méthodologie, qui repose sur les données de l'Insee et de la Direction générale des Finances publiques.
L'étude confirme que les inégalités de revenus et de patrimoine restent élevées en France, avec une concentration marquée aux deux extrémités de l'échelle. Le rapport complet, disponible en ligne, fournit des données détaillées par région, âge et catégorie socioprofessionnelle.