L'Observatoire des inégalités a publié une étude détaillant le profil des 4,8 millions de Français qualifiés de riches, soit 7,5 % de la population. Le seuil retenu pour définir la richesse est un niveau de vie mensuel supérieur à 4 292 euros pour une personne seule, soit le double du niveau de vie médian.

Une géographie très concentrée

La carte de la richesse en France est marquée par de fortes disparités territoriales. La commune de Divonne-les-Bains, dans l'Ain, arrive en deuxième position nationale pour la proportion de foyers aisés, juste derrière Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Dans cette ville de l'Ain, 48 % des habitants sont considérés comme riches. Neuilly-sur-Seine conserve la première place, mais l'écart est ténu.

Le profil type du riche en 2026

L'étude dresse le portrait-robot du Français aisé : il s'agit majoritairement d'un cadre (60 % des riches), âgé de 50 à 64 ans (près de la moitié d'entre eux), et vivant en Île-de-France. La région parisienne concentre en effet une part disproportionnée des hauts revenus, même si des poches de richesse existent dans d'autres métropoles et dans certaines communes comme Divonne-les-Bains.

Les riches sont également plus souvent propriétaires de leur logement et ont un patrimoine immobilier significatif. L'étude souligne que la richesse est avant tout liée à l'emploi salarié très qualifié, mais aussi aux retraites élevées pour les quinquagénaires.

Des inégalités qui persistent

Si ces 4,8 millions de personnes représentent une minorité, leur poids économique est considérable. L'Observatoire des inégalités rappelle que les 10 % les plus aisés possèdent près de la moitié du patrimoine net total des ménages français. La concentration de la richesse dans quelques territoires et catégories socioprofessionnelles interroge sur la solidarité nationale et les mécanismes de redistribution.

L'étude ne fait pas de recommandations politiques, mais elle fournit des données objectives pour alimenter le débat public sur la fiscalité et les inégalités.

Divonne-les-Bains, un cas emblématique

Divonne-les-Bains est une ville frontalière avec la Suisse, ce qui explique en partie la forte proportion de résidents aisés. De nombreux frontaliers travaillant dans le canton de Vaud s'y sont installés, attirés par des rémunérations helvétiques élevées tout en bénéficiant du cadre de vie français. Cette particularité géographique et économique fait de la commune un cas d'école pour comprendre les dynamiques de la richesse aux frontières.

Âge et statut professionnel

Les quinquagénaires sont surreprésentés parmi les riches. Cela s'explique par le cumul d'une carrière professionnelle avancée, souvent dans des postes de direction ou d'expertise, et d'un patrimoine constitué au fil du temps. Les cadres dirigeants et les professions libérales forment le gros des effectifs, tandis que les indépendants et les chefs d'entreprise constituent une part significative mais plus volatile.

Au-delà de ces grandes tendances, l'étude montre que la richesse peut aussi toucher des retraités ayant eu des carrières très rémunératrices ou ayant hérité d'un patrimoine important.

Impacts sur le logement et les services

Dans les communes où la proportion de riches est élevée, les prix de l'immobilier sont mécaniquement plus hauts, ce qui peut créer des difficultés pour les ménages modestes. Divonne-les-Bains et Neuilly-sur-Seine illustrent ce phénomène : l'accès au logement y est très sélectif, et les services publics comme privés s'adaptent à une clientèle aisée.

L'étude de l'Observatoire des inégalités offre ainsi un panorama sans fard de la répartition des richesses en France, mettant en lumière les fractures territoriales et sociales qui persistent.