Les chefs d'État et de gouvernements des pays de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan), réunis à Istanbul cette semaine, ont annoncé la conclusion de plusieurs dizaines de milliards de dollars de nouveaux contrats dans le domaine de la défense. Selon des responsables alliés, le montant cumulé de ces engagements dépasse les 50 milliards de dollars.
Cette salve de commandes intervient dans un contexte de pression accrue de la part des États-Unis, dont le président a multiplié les critiques à l'encontre des partenaires européens, jugés insuffisamment contributeurs au budget commun de l'Alliance. Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a présenté ces annonces comme une preuve tangible de la volonté des Alliés de renforcer leur effort collectif.
Des achats massifs pour moderniser les capacités
Parmi les contrats les plus importants figure l'acquisition par plusieurs pays européens de systèmes de défense antiaérienne de nouvelle génération, de chasseurs-bombardiers et de drones de combat. L'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni figurent parmi les principaux signataires. Des accords ont également été conclus pour l'achat de munitions de précision et de systèmes de commandement numérique.
Le sommet d'Istanbul devait initialement se concentrer sur les tensions avec la Russie et la situation en Ukraine. Mais la dimension financière a pris le pas, sous l'effet des déclarations de Donald Trump qui conditionne le maintien des garanties de sécurité américaines à une augmentation sensible des dépenses militaires des alliés européens. « Nous attendons des actes, pas des paroles », avait-il déclaré quelques jours avant l'ouverture du sommet.
Un signal envoyé à Washington
Officiellement, ces annonces visent à moderniser les arsenaux européens et à combler des lacunes capacitaires identifiées depuis le début du conflit ukrainien. Mais plusieurs observateurs y voient surtout une tentative de désamorcer les critiques de l'administration républicaine, qui menace de réduire l'engagement américain au sein de l'Otan.
Le président français a souligné que ces investissements étaient « le signe d'une Europe qui prend ses responsabilités », tandis que le chancelier allemand a insisté sur la nécessité d'une « défense européenne crédible et interopérable avec nos alliés américains ». Le Premier ministre britannique a quant à lui évoqué une « nouvelle ère pour la défense du continent ».
Les annonces ont été accueillies favorablement par les industriels de l'armement, qui s'attendent à une augmentation de leurs carnets de commandes pour les prochaines années. Toutefois, des doutes subsistent quant à la capacité des États européens à honorer ces engagements dans un contexte budgétaire contraint.
Prochaines étapes
Les détails techniques de plusieurs contrats devraient être finalisés dans les semaines à venir. Un nouveau cycle de négociations est prévu en marge de l'assemblée générale des Nations unies en septembre. Les dirigeants de l'Otan ont également convenu de se retrouver pour un sommet extraordinaire avant la fin de l'année, afin de faire le point sur l'exécution de ces programmes d'armement.