Le bilan humain de la vague de chaleur exceptionnelle qui a frappé l'Europe en juin s'alourdit considérablement. Selon une compilation des données nationales réalisée par l'AFP, plus de 12 000 décès excédentaires ont été recensés sur le continent lors du pic de la canicule. Ce chiffre, qui couvre la période du 22 au 28 juin, regroupe les données de plusieurs pays : France, Allemagne, Belgique, Espagne, Pays-Bas, Suisse et Luxembourg. Il pourrait encore évoluer à mesure que les remontées statistiques se précisent.

En France, la surmortalité est particulièrement marquée en Île-de-France. Santé publique France a indiqué que la mortalité y a plus que doublé par rapport à la normale, avec une hausse de 122 %. Cela représente environ 1 525 décès supplémentaires par rapport au nombre attendu. Le mois de juin 2026 devient ainsi le plus meurtrier depuis la canicule de 2003, dépassant ce précédent record. Les autorités sanitaires précisent que 82,4 % des décès liés à la chaleur concernent des personnes âgées de plus de 65 ans, selon les certificats de décès.

Outre-Manche, la situation est également préoccupante. Le service météorologique britannique Met Office a estimé que plus de 2 200 décès liés à la canicule ont été recensés en Angleterre et au pays de Galles entre le 18 et le 28 juin. Ce bilan partiel s'ajoute à celui des autres pays européens.

Le nombre de noyades continue de progresser. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé que 139 personnes sont mortes par noyade depuis le 19 juin. Ce chiffre, qui intervient en pleine période de canicule, souligne les risques liés aux baignades dans des zones non surveillées. Les autorités multiplient les appels à la prudence, rappelant que les noyades sont un « triste fléau » récurrent lors des vagues de chaleur.

Les épisodes de canicule se succèdent en France. Après une première vague en juin, le pays a connu deux autres épisodes de chaleur intense en juillet. Les spécialistes redoutent que le bilan total ne s'alourdisse encore, d'autant que les décès liés à la chaleur ne se limitent pas aux coups de chaud : la déshydratation, l'hypothermie et d'autres causes indirectes peuvent entraîner des décès plusieurs jours ou semaines après le pic de chaleur.

Ce bilan provisoire suscite l'inquiétude des autorités sanitaires. Santé publique France a souligné que les chiffres actuels sont encore susceptibles d'être affinés dans les semaines à venir. L'agence insiste sur la nécessité de renforcer les mesures de prévention et de protection des populations les plus vulnérables, en particulier les personnes âgées. Les canicules, dont la fréquence et l'intensité augmentent avec le réchauffement climatique, constituent un défi sanitaire majeur pour les années à venir.