L'opérateur du réseau électrique français se prépare à un épisode de fortes chaleurs qui pourrait contraindre l'exploitant à adapter son fonctionnement. EDF a indiqué qu'à compter de mardi, des baisses de puissance, voire des arrêts temporaires, pourraient intervenir sur certains de ses réacteurs nucléaires. Cette mesure vise à respecter les seuils règlementaires de température des fleuves et rivières dans lesquels l'eau de refroidissement est rejetée.
Les prévisions météorologiques annoncent un pic caniculaire avec des températures pouvant dépasser les 40 degrés dans plusieurs régions, notamment dans le Sud-Est et la vallée du Rhône. Plusieurs départements ont déjà été placés en vigilance orange par Météo-France. Cette situation n'est pas sans précédent pour le parc nucléaire français, qui avait déjà connu des restrictions lors de la canicule de 2003 et, plus récemment, durant l'été 2022.
Un cadre règlementaire strict
Les centrales nucléaires utilisent l'eau des cours d'eau pour refroidir leurs installations. Lorsque la température extérieure est très élevée et que le débit des rivières est faible, l'eau réchauffée rejetée peut atteindre des températures trop importantes pour la faune aquatique. La loi impose donc des limites maximales. En cas de dépassement, EDF doit réduire l'activité de ses réacteurs, voire les mettre à l'arrêt.
L'entreprise a précisé que ces ajustements sont anticipés et planifiés. La réduction de production pourrait atteindre plusieurs gigawatts, ce qui représente une part significative de la capacité totale du parc nucléaire. Toutefois, EDF assure que la sécurité d'approvisionnement du pays n'est pas remise en cause, la demande en électricité étant également moins élevée en période estivale qu'en hiver.
Pas de risque de coupure
RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, a confirmé que le système électrique devrait pouvoir faire face sans difficulté majeure. Les prévisions de consommation pour les prochains jours sont en effet inférieures à la capacité de production disponible, même en tenant compte des baisses de puissance nucléaire. Les interconnexions avec les pays voisins permettent également d'importer de l'électricité si nécessaire.
Les autorités appellent néanmoins à la vigilance et rappellent les gestes simples pour réduire sa consommation, notamment en évitant de faire fonctionner les appareils énergivores aux heures de pointe. Cette situation soulève également des questions sur la vulnérabilité du parc nucléaire face au changement climatique, alors que les épisodes de canicule deviennent plus fréquents et plus intenses.
Un précédent en 2022
Lors de la canicule de juillet 2022, EDF avait déjà dû réduire la production de plusieurs réacteurs, notamment ceux des centrales de Golfech (Tarn-et-Garonne), du Tricastin (Drôme) et de Bugey (Ain). À l'époque, la production perdue avait été estimée à plusieurs térawattheures. La situation actuelle rappelle que la transition énergétique, avec une part croissante d'énergies renouvelables, doit intégrer ces contraintes climatiques.
EDF a indiqué qu'elle communiquera quotidiennement sur l'état de son parc et les éventuelles limitations. Les autorités locales et les préfectures des départements concernés ont été informées des mesures prévues.