L'entreprise EDF a fait savoir qu'à compter de mardi, la production d'électricité de ses réacteurs nucléaires pourrait être réduite en raison des températures élevées attendues. Cette décision vise à respecter les limites réglementaires de température des eaux utilisées pour le refroidissement des installations.
Le principe est le suivant : les centrales nucléaires rejettent de l'eau plus chaude que celle prélevée dans les rivières. Lorsque le mercure grimpe, les cours d'eau sont déjà plus chauds et leur débit diminue. Pour ne pas aggraver la situation et rester dans les clous des autorisations environnementales, EDF préfère abaisser la puissance de certains réacteurs, voire les arrêter temporairement.
Ces ajustements sont une procédure courante lors des épisodes de canicule. Ils dépendent des conditions météorologiques locales et des caractéristiques de chaque site. L'impact exact sur la production totale du parc nucléaire n'a pas été chiffré à ce stade. L'énergéticien assure toutefois que la sécurité d'approvisionnement électrique du pays n'est pas menacée à court terme, les prévisions de consommation restant maîtrisées.
Cette annonce intervient alors que Météo-France prévoit une hausse significative des températures sur une grande partie du territoire. Les régions où se trouvent les centrales les plus sensibles à ce type de contrainte sont particulièrement surveillées.
Un dispositif éprouvé
EDF dispose d'un arsenal de mesures pour faire face aux fortes chaleurs. Outre la baisse de production, l'entreprise peut aussi recourir à des dérogations exceptionnelles, sous conditions, pour maintenir un niveau de fonctionnement minimal. Ces dérogations sont accordées par les autorités de sûreté et encadrées strictement.
Le phénomène n'est pas nouveau. Chaque été, plusieurs réacteurs voient leur puissance réduite ou sont mis à l'arrêt pour ces raisons. En 2022, la production nucléaire française avait été fortement affectée par une conjonction de facteurs, dont la sécheresse et les canicules.
Quelles conséquences pour le réseau ?
La réduction de la production nucléaire intervient dans un contexte où le parc est déjà partiellement mobilisé. Toutefois, la demande d'électricité en été est généralement moins élevée qu'en hiver, ce qui laisse des marges de manœuvre. RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, surveille la situation de près et peut, si nécessaire, activer des moyens de production complémentaires.
En attendant, les équipes d'EDF suivent l'évolution des températures et des débits des rivières heure par heure pour adapter au mieux le fonctionnement des réacteurs. L'objectif est de concilier production d'énergie et protection des milieux aquatiques.