Des pertes d'une ampleur inédite

Les conséquences de la canicule qui a frappé la France se précisent, et le bilan agricole s'annonce très lourd. Selon des estimations provisoires communiquées par les services de l'État, les élevages de volailles auraient enregistré la mort de 2,5 à 3 millions de poulets et autres gallinacés. Parallèlement, les cultures de maïs subiraient des pertes atteignant jusqu'à 30 % de la récolte attendue. Ces chiffres, issus d'un premier recensement effectué au niveau national, confirment les craintes exprimées ces derniers jours par les éleveurs.

Un lourd bilan pour les filières

La mortalité massive dans les élevages s'explique par le stress thermique extrême provoqué par plusieurs jours de températures caniculaires. Les bâtiments d'élevage, souvent non climatisés, n'ont pas permis aux animaux de survivre à la chaleur. La filière avicole, déjà fragilisée par des épisodes de grippe aviaire et la hausse des coûts de production, redoute désormais une rupture d'approvisionnement sur le marché du poulet dans les prochaines semaines. Les abattoirs pourraient manquer de bêtes à traiter, entraînant une baisse des volumes disponibles pour la grande distribution.

Les cultures céréalières également touchées

Dans les champs, la situation n'est guère plus reluisante. Le maïs, culture stratégique pour l'alimentation animale et humaine, a souffert du manque d'eau combiné à des températures record. Les rendements pourraient chuter d'un tiers dans les zones les plus exposées. Cette baisse de production risque de renchérir le coût de l'alimentation du bétail, aggravant encore la pression sur les éleveurs de volailles et de porcs. Les premières estimations évoquent une perte économique globale pour l'agriculture française qui se chiffrerait en centaines de millions d'euros.

Vers une hausse des prix à la consommation ?

Face à ces annonces, les professionnels du secteur alertent sur un possible répercussion sur les prix. Le président de l'interprofession avicole a évoqué une « situation critique » et espère que les pouvoirs publics mettront en place des mesures d'urgence pour soutenir les exploitations les plus touchées. Le ministère de l'Agriculture a indiqué qu'une cellule de crise était activée pour évaluer les besoins d'indemnisation via le fonds des calamités agricoles.

Un épisode climatique extrême

Cette canicule, survenue fin juin, a battu des records de températures dans plusieurs régions, dépassant les 40 °C dans le sud-ouest et le centre. Elle s'inscrit dans une succession d'événements climatiques extrêmes qui touchent l'agriculture française depuis plusieurs années, alternant sécheresses, gels tardifs et inondations. Les scientifiques rappellent que ces phénomènes sont appelés à se multiplier sous l'effet du changement climatique, mettant sous pression la souveraineté alimentaire du pays.