L'arrêté pris par la préfecture de police de Paris, visant à limiter les risques sanitaires liés à la vague de chaleur, n'a pas dissuadé une partie du public. Samedi, sur les quais et les passerelles du canal Saint-Martin, les bouteilles d'alcool étaient visibles dans les sacs de nombreux groupes, témoignant du non-respect de la mesure en vigueur jusqu'au dimanche matin.
Un dispositif destiné à soulager les hôpitaux
Cette interdiction s'inscrit dans le cadre de l'épisode caniculaire qui frappe la région. Vendredi, l'Agence régionale de santé d'Île-de-France a déclenché le plan blanc face à la pression exercée sur les hôpitaux, le Samu et les services d'urgence. Les autorités rappellent que la consommation d'alcool favorise la déshydratation et accroît les risques de malaise en période de fortes chaleurs, ce qui peut entraîner une augmentation des admissions aux urgences.
Des promeneurs partagés entre ignorance et défi
Parmi les personnes présentes, un touriste grec a indiqué ne pas avoir été informé de l'arrêté : « Je viens de Grèce. Nous avons commencé notre voyage en Allemagne et je n'étais tout simplement pas au courant de l'interdiction. Bien sûr, je vais la respecter, mais personne ne m'en a informé. » D'autres ont reconnu avoir choisi de passer outre, estimant que la convivialité prime. Un Parisien a ainsi déclaré : « On comprend parce que les hôpitaux sont déjà saturés, mais on ne va pas s'empêcher de passer un bon moment entre amis avec un peu de rosé. »
Une femme rencontrée sur place a jugé la mesure incohérente : « On peut aller au bar, on peut boire, donc je trouve ça un peu ridicule qu'on ne puisse pas boire dans la rue. » Plusieurs misent également sur la difficulté pour les forces de l'ordre de verbaliser l'ensemble des contrevenants. « On est tellement nombreux que s'ils commencent à mettre des contraventions, ils en ont pour plusieurs jours », a confié un autre participant.
Une présence policière mais un contrôle limité
Des patrouilles de police étaient pourtant déployées tout au long de la soirée autour du canal et dans les secteurs les plus fréquentés de la capitale. Toutefois, face à l'affluence, la verbalisation de tous les contrevenants semble difficile à mettre en œuvre. L'épisode illustre le décalage entre les mesures d'urgence édictées pour protéger la santé publique et les comportements individuels en période de forte chaleur.
Alors que la canicule se poursuit et que les services d'urgence restent sous tension, les autorités pourraient être amenées à renforcer les contrôles ou à revoir la communication autour de ces restrictions.