La formation politique Les Écologistes traverse une nouvelle crise interne. La direction du parti, menée par Marine Tondelier, a mis en circulation un texte prévoyant l’exclusion de certains membres considérés comme frondeurs. Cette mesure cible directement deux figures emblématiques mais aux positions opposées : l’eurodéputé Yannick Jadot, ancien candidat à la présidentielle, et la députée Sandrine Rousseau, connue pour ses positions radicales sur l’écologie sociale. Tous deux sont visés par cette procédure disciplinaire.
Une motion qui divise
Le texte, adopté en interne, prévoit de verrouiller l’investiture du parti pour 2027 et d’écarter les candidats qui contesteraient la ligne officielle. Selon des sources proches du dossier, il s’agit d’une tentative de Marine Tondelier de reprendre la main sur une formation éclatée entre plusieurs tendances. Les deux parlementaires menacés d’expulsion ont réagi vivement. Yannick Jadot a estimé que cette initiative était une « faute politique » et a appelé à un débat approfondi sur la stratégie électorale en vue du prochain scrutin présidentiel. Sandrine Rousseau, de son côté, a dénoncé une « tentative de mise au pas » et réclamé elle aussi une discussion ouverte sur la ligne à adopter.
Des divisions anciennes
Les tensions ne sont pas nouvelles au sein des Écologistes. Depuis plusieurs mois, le parti est traversé par des querelles stratégiques. D’un côté, Marine Tondelier prône une ligne centriste, ouverte à des alliances avec d’autres formations de gauche modérée. De l’autre, des figures comme Sandrine Rousseau défendent une orientation plus ancrée à gauche, voire une rupture avec le système économique actuel. Yannick Jadot, sans se ranger totalement dans l’un ou l’autre camp, a critiqué à plusieurs reprises la stratégie de la direction, qu’il juge trop timorée face aux enjeux climatiques.
Une présidentielle sous tension
Cette crise survient alors que la présidentielle de 2027 se profile. Les Écologistes espèrent peser dans le débat, mais leurs divisions compromettent leurs chances. Plusieurs cadres du parti redoutent que cette exclusion ne conduise à une scission, affaiblissant encore davantage une formation déjà marginalisée dans le paysage politique. Les deux intéressés ont indiqué qu’ils ne comptaient pas se laisser faire et qu’ils saisiraient toutes les instances internes pour contester cette décision.
Des réactions externes
Au-delà du parti, d’autres formations de gauche observent avec attention ces développements. Certains y voient un signe supplémentaire de l’incapacité des écologistes à s’unir, tandis que d’autres estiment que cette clarification pourrait, à terme, renforcer le parti en éliminant les voix discordantes. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir des Écologistes, avec des réunions internes prévues pour tenter de désamorcer la crise.