Un vote interne ouvre la voie à Marine Tondelier.
Les militants des Écologistes ont tranché. Par un scrutin interne organisé ces derniers jours, 61 % des votants se sont prononcés en faveur de la désignation de Marine Tondelier comme candidate du parti à l’élection présidentielle de 2027, mais à une condition : que la primaire de la gauche – un processus d’investiture unitaire encore en discussion – n’aboutisse pas. Le résultat, officialisé le 6 juillet, donne une légitimité nouvelle à la secrétaire nationale du mouvement, tout en maintenant le parti dans une position d’attente vis-à-vis des autres forces de gauche.
Ce scrutin intervient dans un climat de fortes tensions internes. Depuis plusieurs semaines, les Écologistes sont secoués par des divergences stratégiques : certains dirigeants et militants prônent une candidature autonome dès le premier tour, tandis que d’autres, dont plusieurs figures historiques, plaident pour une participation sans réserve à une primaire de toute la gauche. Le vote du 6 juillet constitue un compromis : la voie est ouverte à une candidature propre, mais elle reste subordonnée à l’échec d’un accord plus large.
Les tensions n’ont pas disparu.
L’adoption de cette orientation intervient après une série de décisions contestées. Un texte d’exclusion visant des frondeurs – des élus et militants ayant publiquement réclamé une ligne plus unitaire – a été déposé en juin, ravivant les fractures au sein du parti. Plusieurs cadres avaient alors dénoncé un « verrouillage » de l’investiture et une mise au pas des voix dissidentes. Le choix de Marine Tondelier, poussée par l’appareil, est perçu par certains comme la consécration de cette ligne dure, tandis que ses partisans y voient la garantie d’une identité écologiste claire dans la campagne à venir.
Une stratégie en deux temps.
En cas de succès de la primaire de gauche, les Écologistes s’engagent à soutenir le candidat issu de ce processus. Mais si les négociations échouent – ce qui semble possible au vu des divergences actuelles avec La France insoumise et le Parti socialiste –, Marine Tondelier serait alors automatiquement investie. Le scrutin interne n’a donc pas réglé la question de fond : l’écologie politique française se présentera-t-elle unie avec les autres formations de gauche ou en ordre dispersé ? Le résultat du 6 juillet repousse cette décision à plus tard, mais il donne déjà un coup de projecteur sur la secrétaire nationale, dont la notoriété a grimpé ces derniers mois.
Réactions et suites.
Plusieurs élus écologistes ont salué le vote, y voyant une « clarification » et un « mandat fort » pour Marine Tondelier. D’autres, plus réservés, ont souligné que le score – 61 % – n’est pas un plébiscite écrasant et que près de quatre militants sur dix ont exprimé une préférence différente ou un vote blanc. La direction du parti n’a pas commenté dans l’immédiat les modalités d’organisation de la primaire de gauche, renvoyant aux discussions en cours avec les partenaires potentiels.
L’avenir dira si cette consultation apaise ou attise les tensions. En attendant, Les Écologistes ont désormais un plan B clair : si la gauche ne s’unit pas, Marine Tondelier sera leur candidate. Et ce plan vient d’être validé par les urnes militantes.