La veillée musicale que La France insoumise (LFI) projetait d'organiser place de la République à Paris, le dimanche 21 juin 2026, à l'occasion de la Fête de la musique, ne pourra pas avoir lieu. Le préfet de police, Patrice Faure, a signé en début de soirée du mercredi 17 juin un arrêté interdisant ce concert gratuit, invoquant des risques pour l'ordre public liés à la présence annoncée du Comité Adama, de sa fondatrice Assa Traoré et du rappeur Médine.
Le représentant de l'État justifie sa décision par le caractère potentiellement conflictuel de l'événement. Selon l'arrêté, le Comité Adama aurait appelé à s'en prendre aux forces de l'ordre, notamment à travers le slogan « Tout le monde déteste la police ». Il est également reproché au rappeur Médine des propos considérés comme incitant à la haine. Le préfet estime que « cet événement risque d'attirer un public hostile aux forces de l'ordre et de donner lieu à la diffusion de propos appelant à la haine, à la discrimination ou à la violence envers les institutions ».
Une réaction politique immédiate
Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a immédiatement annoncé que le parti allait former un recours contre cette interdiction devant le tribunal administratif. Jean-Luc Mélenchon, candidat insoumis à l'élection présidentielle de 2027, a qualifié cette mesure de « scandale démocratique grave en période électorale ». Dans une publication sur le réseau social X, il affirme que le préfet de police aurait agi « à la demande du président du Crif Yonathan Arfi et du maire socialiste de l'arrondissement Paris Centre, Ariel Weil ». Il ajoute que « cette décision de dernière minute a été prise sous la pression de groupes et d'individus se déclarant hostiles à La France insoumise ».
Une polémique sur la récupération politique
L'initiative de LFI avait déjà suscité des critiques dans le champ politique et médiatique avant même l'interdiction. Le journaliste et éditorialiste Marc Menant a notamment estimé que le message républicain « Liberté, Égalité, Fraternité » est « tout le contraire de LFI », reprochant au parti d'instrumentaliser la Fête de la musique à des fins de campagne. La polémique intervient alors que la gauche s'apprête à connaître des échéances électorales et que le climat politique est jugé très polarisé par les observateurs.
Des précédents et un bras de fer juridique en vue
Cette interdiction n'est pas la première restriction de ce type visant des événements organisés par LFI. Les Insoumis avaient déjà été confrontés à des décisions préfectorales similaires par le passé, notamment lors de rassemblements jugés sensibles. Alors que le concert devait se tenir en plein cœur de la capitale, l'issue du recours en référé déterminera si l'événement pourra être maintenu ou si le bras de fer entre la préfecture et le parti se prolongera jusqu'à la date prévue. La décision du tribunal administratif de Paris est attendue dans les prochains jours.