Le tribunal administratif de Paris a suspendu, vendredi 19 juin, la décision du préfet de police interdisant un concert organisé par La France insoumise (LFI) place de la République, à l'occasion de la Fête de la musique. Dans son ordonnance, le juge des référés a considéré que les motifs invoqués par la préfecture ne justifiaient pas une interdiction.
Les juges ont estimé que le rassemblement ne présentait pas de « risques de troubles à l'ordre public suffisamment justifiés » pour justifier une telle mesure. Ils ont notamment relevé que les artistes initialement annoncés par la préfecture dans son arrêté ne figuraient finalement pas sur la scène prévue, ce qui affaiblissait l'argumentaire officiel.
Cette décision intervient après plusieurs jours de controverse politique. La préfecture de police avait interdit le concert le 17 juin, invoquant des craintes de débordements. Les Insoumis avaient alors saisi la justice en référé pour contester cette interdiction. L'audience s'est tenue dans la matinée du 19 juin, et le verdict est tombé en fin d'après-midi.
Le concert, programmé pour le 21 juin, pourra donc se dérouler comme prévu. LFI avait dénoncé une « censure politique » et un « acharnement du pouvoir ». Plusieurs responsables politiques avaient également critiqué la décision préfectorale, y voyant une atteinte à la liberté de réunion.
La Fête de la musique, événement annuel célébré dans toute la France, donne lieu à des milliers de concerts et d'animations organisés par des associations, des collectivités ou des partis politiques. L'interdiction puis l'autorisation du concert de LFI ont suscité un vif débat sur les limites de l'action administrative en matière de maintien de l'ordre.