Dans le cadre de la prochaine Fête de la musique, prévue le 21 juin, La France insoumise (LFI) a annoncé la tenue d'une série de concerts gratuits sur la place de la République à Paris, de 18 heures à minuit. Cette initiative, lancée en pleine campagne présidentielle, suscite de vives critiques de la part de plusieurs élus et personnalités, qui dénoncent une « récupération » de l'événement populaire à des buts politiques.
Ariel Weil, maire socialiste de Paris Centre (regroupant les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements), a exprimé son opposition dans un message publié sur les réseaux sociaux. « Il n’est pas possible de récupérer la Fête de la musique à des fins politiques », a-t-il déclaré. Il a également souligné un risque pour l'ordre public, les forces de police étant déjà mobilisées dans l'ensemble de la capitale pour assurer la sécurité des festivités.
Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), s'est également insurgé contre cette initiative sur X (anciennement Twitter). « Pourquoi laisse-t-on LFI s'approprier la place de la République un soir de Fête de la musique ? », s'est-il interrogé, estimant que ce lieu « ne devrait pas être la vitrine d'un agenda politique ». Il a ajouté qu'« aucun parti politique ne devrait pouvoir détourner une fête populaire qui vise à rassembler les Français, pas à les diviser ».
Une stratégie de campagne contestée
Selon des informations concordantes, Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, devrait assister à une partie de l'événement. Cette présence est interprétée par les détracteurs comme une opération de communication électorale. L'ancien député de l'Essonne et fondateur de SOS Racisme, Julien Dray, a dénoncé les « opérations de communication » menées par le parti depuis le début de sa campagne. Il a rappelé que LFI avait récemment lancé une collection de maillots de football, floqués « Mélenchon 27 », profitant de l'engouement suscité par la Coupe du monde.
L'essayiste Sabrina Medjebeur a estimé que LFI manifestait « des velléités séparatistes dans tous les domaines, y compris pour la Fête de la musique », regrettant ce qu'elle considère comme une tentative d'instrumentalisation d'une manifestation culturelle populaire.
Une interdiction préfectorale en vue ?
Une source proche du dossier a indiqué le 17 juin que la préfecture de police de Paris avait pris un arrêté interdisant le concert. Les organisateurs de LFI ont annoncé leur intention de former un recours contre cette décision. Les autorités préfectorales n'ont pas encore communiqué officiellement sur les motifs de cette interdiction, mais elle intervient dans un contexte de tensions sécuritaires et de polémiques politiques.
Plusieurs artistes sont attendus pour cette soirée, dont les noms ont été dévoilés par la presse. Le débat sur l'utilisation de l'espace public par des formations politiques lors d'événements populaires semble loin d'être clos, alors que la campagne pour l'élection présidentielle de 2027 s'intensifie.