Un vote sans équivoque

Les délégués réunis pour le 54e congrès de la CGT à Marseille ont largement approuvé le rapport d’activité présenté par la secrétaire générale, Sophie Binet. Le texte, qui fait office de bilan de la mandature écoulée, a recueilli plus de 80 % des suffrages, selon des informations concordantes. Ce résultat marque un soutien massif à la ligne qu’elle a impulsée depuis sa prise de fonctions, il y a un peu plus de trois ans.

La stratégie de l’unité d’action validée

Le rapport adopté met en avant les succès revendiqués par l’équipe dirigeante, notamment dans la lutte contre la réforme des retraites, où la CGT a joué un rôle moteur aux côtés d’autres organisations syndicales. La direction de Sophie Binet a également mis l’accent sur la défense des services publics, la hausse des salaires et les mobilisations pour le climat. Le texte insiste sur la nécessité de maintenir une « unité d’action » avec les autres syndicats, tout en affirmant la spécificité revendicative de la CGT.

Les oppositions internes, notamment les courants les plus radicaux regroupés autour de certaines fédérations, n’ont pas obtenu le score escompté. Leur contre-proposition de texte d’orientation, qui prônait une ligne plus dure vis-à-vis du gouvernement et une rupture avec la « cogestion », n’a recueilli qu’une faible minorité des voix. Cette division atteste de la capacité de la secrétaire générale à fédérer une large majorité autour de sa feuille de route.

Un congrès sous le signe de la continuité

Ce scrutin intervient dans un contexte social marqué par une inflation persistante et des tensions sur le pouvoir d’achat. Sophie Binet, qui avait succédé à Philippe Martinez lors du précédent congrès, en 2023, a su s’imposer comme une figure centrale du paysage syndical français. Son mandat a été marqué par une volonté de moderniser l’image de la centrale, tout en restant ancrée dans les combats traditionnels de la CGT.

L’adoption de ce bilan à une majorité aussi large conforte sa position en vue des prochaines échéances syndicales et politiques. Le syndicat sort de ce congrès avec une direction renforcée, capable de peser dans les négociations à venir, notamment sur le travail et les retraites.

Des prochains défis à relever

La suite du congrès doit maintenant se pencher sur l’élection de la nouvelle commission exécutive, qui désignera le bureau confédéral pour les trois prochaines années. Sophie Binet, candidate à sa propre succession, ne fait guère de doute quant à sa réélection, compte tenu de la majorité dégagée. Les chantiers ne manquent pas pour la confédération : la réforme du travail, les salaires, mais aussi la transition écologique et la réindustrialisation du pays.

Au-delà du vote, ce congrès aura permis de mesurer l’état des forces en présence au sein de la CGT. Si l’unité affichée est réelle, des divergences stratégiques subsistent, notamment sur la manière d’aborder les échéances électorales et les relations avec les partis de gauche. La direction devra composer avec ces sensibilités pour maintenir la cohésion du syndicat.