Sophie Binet a été réélue secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT) à l'issue du 53e congrès de l'organisation, qui s'est tenu ces derniers jours. Elle était la seule candidate en lice pour occuper cette fonction. Sa reconduction marque la confirmation de la ligne qu'elle incarne depuis sa première élection : un syndicalisme combatif, résolument ancré à gauche et ouvert aux questions de société.

Un rapport d'activité largement approuvé

Avant le vote sur la personne de la secrétaire générale, les délégués du congrès ont massivement adopté le rapport d'activité présenté par Sophie Binet. Ce texte, qui dresse le bilan de son premier mandat et trace les perspectives pour l'avenir, a recueilli une large majorité des suffrages. Ce résultat témoigne de l'adhésion des militants à la stratégie de la direction sortante, centrée sur la défense des salaires, des conditions de travail et des services publics, dans un contexte social tendu marqué par la réforme des retraites et l'inflation.

Deux axes forts pour le nouveau mandat

Le programme du deuxième mandat de Sophie Binet a été précisé lors du congrès. Il s'articule autour de deux priorités majeures. La première est la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. La CGT entend renforcer son action en la matière, tant en interne qu'au sein des entreprises et des administrations. Le syndicat veut mettre en place des dispositifs de prévention plus efficaces et accompagner les victimes, faisant de cette cause un marqueur fort de son identité.

Le second axe est l'opposition frontale au Rassemblement national (RN). Les instances confédérales ont réaffirmé leur refus de toute compromission avec l'extrême droite, jugée incompatible avec les valeurs syndicales de solidarité et d'émancipation. Le congrès a ainsi appelé à une mobilisation citoyenne et politique pour faire barrage au RN lors des prochaines échéances électorales. Cette prise de position s'inscrit dans la tradition de la CGT, qui a toujours combattu les idées d'extrême droite.

Un congrès sous le signe de la continuité

La réélection de Sophie Binet s'est déroulée dans un climat de relative unité, même si des sensibilités différentes coexistent au sein de la confédération. Aucune candidature alternative ne s'est présentée face à elle, ce qui traduit une forme de rassemblement autour de sa personne et de son projet. Le congrès a également été l'occasion de renouveler partiellement les instances dirigeantes, avec une attention particulière portée à la parité et à la représentation des différentes fédérations.

Sophie Binet, qui avait succédé à Philippe Martinez en 2023, incarne une génération nouvelle à la tête de la CGT. Ingénieure de formation et syndicaliste de longue date, elle a su incarner une ligne à la fois ferme sur les revendications sociales et modernisatrice sur les enjeux sociétaux. Son deuxième mandat s'annonce comme une période de consolidation de cette orientation, dans un paysage syndical français où la CGT reste la première organisation en termes d'audience.

Enjeux sociaux et politique

Au-delà des questions internes, le congrès a été l'occasion de fixer le cap de l'action syndicale pour les mois à venir. La CGT entend peser sur les débats relatifs au pouvoir d'achat, à l'emploi industriel, à la transition écologique et à la protection sociale. Les délégués ont également rappelé leur attachement à l'unité syndicale, tout en maintenant une ligne d'indépendance vis-à-vis des partis politiques. La question du RN, en particulier, a été au centre des discussions : plusieurs interventions ont souligné la nécessité de ne pas laisser l'extrême droite imposer son agenda dans le monde du travail.

Ce congrès marque donc la volonté de la CGT de rester un acteur central du dialogue social et du débat politique en France, avec une ligne renforcée autour de l'égalité femmes-hommes, de la lutte contre les discriminations et du refus de l'extrême droite.