À quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du monde 2026, l'Autorité nationale des jeux (ANJ) tire la sonnette d'alarme. Dans un communiqué rendu public le 12 juin, l'institution invite les parieurs à la plus grande vigilance face à la multiplication des sites web et des comptes sur les réseaux sociaux proposant des « conseils en pronostics » payants. Elle redoute un afflux de mises sans précédent, susceptible de favoriser des comportements de jeu excessif.
Un appel à la prudence face aux « tipsters »
Ces dernières semaines, de nombreuses plateformes, souvent animées par des influenceurs ou des inconnus se présentant comme des « experts », ont fleuri sur Internet. Elles promettent des gains faciles moyennant un abonnement ou un paiement à l'unité pour accéder à des « tuyaux » sur les matchs à venir. L’ANJ rappelle que ces activités sont illégales en France lorsqu’elles ne sont pas exercées par un opérateur agréé. « Seuls les opérateurs titulaires d’un agrément délivré par l’Autorité ont le droit de proposer des services de pronostics sportifs », précise l’organisme.
Un record de mises attendu
Selon les estimations de l’Autorité, le montant total des paries sportives en ligne durant le Mondial pourrait atteindre des sommets historiques. Les précédentes compétitions internationales, comme l’Euro 2024 ou la Coupe du monde 2022, avaient déjà donné lieu à des pics d’activité. L’édition 2026, qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique, bénéficie de décalages horaires favorables pour les parieurs européens, ce qui devrait encore amplifier le phénomène.
Les risques du « jeu excessif »
Au-delà de la question de la légalité, l’ANJ insiste sur les dangers sanitaires et sociaux. Dans sa mise en garde, elle souligne que « la promesse de gains faciles et rapides, souvent mise en avant par les sites de pronostics, peut pousser à des mises inconsidérées et à une perte de contrôle ». Le régulateur rappelle que le jeu d’argent n’est pas un moyen de gagner de l’argent de manière sûre, mais un divertissement qui doit rester occasionnel et maîtrisé.
Des mesures de protection renforcées
En prévision de l’afflux de parieurs, l’ANJ a demandé aux opérateurs agréés de renforcer leurs dispositifs de contrôle. Ceux-ci doivent notamment veiller à ce que les messages publicitaires n’incitent pas à une surconsommation et à ce que les joueurs puissent facilement accéder à des outils d’auto-limitation ou d’exclusion temporaire. Par ailleurs, l'autorité de régulation appelle les plateformes sociales à être particulièrement vigilantes quant aux contenus sponsorisés ou aux comptes promouvant des pronostics.
Un contexte de croissance du marché
Le marché français des paris sportifs en ligne connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années. Selon les chiffres publiés par l’ANJ, le produit brut des jeux (PBJ) des paris sportifs a augmenté de 12 % en 2025 par rapport à l’année précédente, dépassant les 1,5 milliard d’euros. Cette tendance devrait se confirmer avec le Mondial, qui attire traditionnellement un nombre conséquent de nouveaux parieurs. L’enjeu pour le régulateur est de concilier cette expansion avec la prévention des addictions.
Des sanctions possibles
L’Autorité nationale des jeux dispose de pouvoirs de police administrative et peut infliger des amendes ou engager des poursuites pénales contre les opérateurs ou les individus qui exerceraient une activité de conseil en paris sans agrément. Elle indique avoir déjà identifié plusieurs sites et comptes suspects, et promet des actions ciblées dans les jours à venir.
En attendant le coup d'envoi, le message de l’ANJ est clair : jouer doit rester un plaisir, pas une source de risques financiers ou personnels.